
Si le principal défi du secteur agricole a toujours consisté à augmenter les volumes de production afin de répondre à une demande alimentaire en constante progression, l’objectif est largement atteint dans les filières maraîchères. Tomate, pomme de terre, oignon, ail, piment, carotte ou encore courgette figurent désormais parmi les productions les plus dynamiques du secteur agricole, assurant ainsi un approvisionnement permanent du marché national pendant toute l’année.
Avec l’extension accélérée des périmètres irrigués, le développement des cultures sous serre, notamment dans le Grand Sud, et l’amélioration des techniques culturales, le maraîchage s’est imposé comme l’un des moteurs de la croissance agricole.
Cette progression a permis de mettre fin définitivement à l’importation de produits frais, essentiellement les légumes, et d’assurer un approvisionnement régulier du marché national, même si des fluctuations ponctuelles sont constatées par moment.
Cet essor a favorisé aussi l’émergence de véritables bassins de production, capables d’alimenter aussi bien les marchés locaux, les unités de transformation agroalimentaire, ainsi que des marchés à l’exportation.
Néanmoins, au-delà de ces performances en quantités produites, les enjeux portent désormais sur la qualité, la compétitivité et la création de valeur, ayant conduit au changement de modèle de production. Cette évolution a en effet pour objectif de répondre à plusieurs impératifs, dont le premier est de réduire la dépendance aux marchés extérieurs des intrants, notamment les semences, les produits de traitement phytosanitaire et les engrais spécialisés.
Les filières maraîchères sont également confrontées au défi de la compétitivité face à la hausse des coûts de production qui impose d’améliorer les rendements tout en maîtrisant les charges afin de protéger les revenus des producteurs tout en maintenant les prix des produits frais à des niveaux accessibles pour tous les ménages.
Le cap de 50 millions quintaux/an de pomme de terre largement dépassé
Pour cela, le cap est mis sur l’innovation, la généralisation de la mécanisation et l’adoption de techniques modernes d’irrigation, en allant vers la généralisation des systèmes économes en eau et l’utilisation des ressources non conventionnelles, comme les eaux recyclées.
Dans le sillage de ces mutations, les filières maraîchères sont également entrées ces deux dernières années dans un nouveau processus de structuration, intégrant progressivement les différents acteurs intervenant en amont et en aval de la production.
Les indicateurs de performance ne se limitent pas en effet au volet quantitatif, mais également aux capacités de stockage, de transformation et de développement de nouveaux circuits de commercialisation afin de créer de la valeur ajoutée, y compris à l’exportation. Pour cela, des efforts sont multipliés au niveau logistique, à travers notamment le renforcement des capacités de stockage.
C’est dans cet objectif qu’il a été procédé par exemple au lancement du programme de réalisation de chambres froides de petite et moyenne taille. Dans ce cadre, les banques publiques sont chargées d’octroyer des crédits d’investissement plafonnés à 150 millions DA, sans intérêts, au profit des agriculteurs, pour la réalisation de chambres froides de 300 et 5000 m3 de capacités.
En tout cas, l’objectif de cette stratégie est d’assurer une disponibilité permanente sur le marché national, en misant notamment sur les cultures sous serre dans le Grand Sud, avec des wilayas comme Biskra ou El Oued qui s’imposent désormais comme les principaux bassins maraîchers, avec une offre en tomate, pomme de terre et autres produits qui couvre jusqu’à 60% des besoins.
Enfin, après l’amélioration du volet quantitatif, à travers l’amélioration des rendements et la hausse significative des niveaux de production, à l’instar de la pomme de terre, dont l’Algérie dépasse largement le cap de 50 millions de quintaux/an, le cap est mis sur le renforcement de la compétitivité des filières maraîchères.
M. N.







