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Alger renforce son axe stratégique avec N’Djamena et Niamey

La diplomatie algérienne poursuit son offensive de rapprochement avec ses voisins du Sahel. Entre N’Djamena et Niamey, Alger  multiplie  les  initiatives  pour  consolider ses partenariats, accélérer les projets communs et renforcer la coordination face aux défis sécuritaires et économiques qui traversent la région. Les déplacements d’Ahmed Attaf, ministre d’Etat et ministre des Affaires étrangères, en qualité d’envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune, illustrent cette volonté de donner une nouvelle dimension aux relations avec le Tchad et le Niger.

Au Tchad, les signaux sont particulièrement encourageants. Reçu mardi à N’Djamena par le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Ahmed Attaf lui a remis un message écrit du président Abdelmadjid Tebboune. Cette audience a permis de faire le point sur « l’évolution des relations bilatérales » et, surtout, sur « la concrétisation des engagements pris entre les deux pays ». « Notre évaluation commune est que ces relations se portent très bien », a affirmé le chef de la diplomatie algérienne, soulignant « les avancées enregistrées depuis les deux récentes rencontres entre les Présidents algérien et tchadien ». Au cœur de cette dynamique figurent les 27 accords et mémorandums d’entente conclus en avril dernier à Alger, à l’occasion de la quatrième session de la Commission mixte de coopération.

Couvrant plusieurs secteurs stratégiques, ces engagements ambitionnent notamment de renforcer l’intégration économique, de stimuler les échanges commerciaux et de favoriser les investissements bilatéraux. « Je crois pouvoir dire que leur mise en œuvre se porte très bien et qu’elle agit toujours dans la bonne direction », a indiqué Ahmed Attaf, traduisant ainsi la satisfaction des deux parties quant au suivi des engagements.

Au-delà des accords économiques, Alger et N’Djamena affichent également une convergence de vues sur « les enjeux régionaux ». Développement, sécurité et stabilité constituent les principaux axes d’une concertation appelée à s’intensifier dans un environnement sahélo-saharien marqué par les menaces terroristes, les trafics transnationaux et les rivalités d’influence. Pour les deux capitales, il s’agit désormais de transformer une solidarité historique en partenariat stratégique capable de produire des résultats concrets.

Le Niger, autre pilier de l’approche algérienne au Sahel

La dynamique diplomatique algérienne se poursuit à Niamey, où Ahmed Attaf est arrivé hier pour une visite officielle. Accueilli par son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré, le ministre est porteur d’un message écrit du président Abdelmadjid Tebboune au général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger et chef de l’Etat. Cette visite traduit la volonté des plus hautes autorités des deux pays de hisser leur coopération à un niveau supérieur et d’approfondir leur concertation sur les questions régionales et continentales d’intérêt commun.

L’enjeu dépasse largement le cadre diplomatique. L’Algérie et le Niger disposent d’importants leviers de coopération dans les domaines énergétique, économique, sécuritaire et des infrastructures. L’approvisionnement du marché nigérien en produits pétroliers, notamment à travers les livraisons assurées par Naftal, illustre déjà la dimension concrète de ce partenariat. L’acheminement de 1,6 million de litres d’essence vers Agadez, par 53 camions-citernes, témoigne de la capacité d’Alger à apporter un soutien direct aux besoins de son voisin.

Les grands projets structurants occupent également une place centrale. Le gazoduc transsaharien, qui doit acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le territoire algérien et le Niger, ainsi que le développement du bloc pétrolier de Kafra, constituent des perspectives majeures pour l’intégration énergétique régionale. A cela s’ajoute le projet de centrale électrique de 40 mégawatts, appelé à renforcer les capacités de production électrique du Niger.

La coopération sécuritaire complète ce dispositif, dans un contexte où la stabilité des frontières et la protection des infrastructures stratégiques représentent des priorités communes. En effet, le président de la République a décidé, le 26 octobre dernier, le déploiement d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) en territoire nigérien afin d’assurer la protection des intérêts énergétiques et économiques communs aux deux pays.

Cette décision intervient à la demande des autorités nigériennes et après approbation unanime du Conseil de la nation et de l’Assemblée populaire nationale, réunis en séances plénières à huis clos le 25 octobre. Une décision stratégique qui souligne l’importance accordée par Alger à la sécurisation des projets communs et au renforcement du partenariat bilatéral.

F. B.

 

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