Une crise de liquidité qui a touché plusieurs fonds d’investissement turcs a fortement secoué la Bourse d’Istanbul, mettant en lumière les fragilités d’un marché financier qui repose fortement sur un nombre limité de grandes entreprises et de titres réellement disponibles à l’achat et à la vente.
Les tensions sur le marché boursier, apparues durant le mois de septembre dernier, ont conduit les autorités monétaires et économiques du pays à intervenir afin d’éviter que les difficultés de certains fonds ne se propagent au reste du système financier.
A l’origine de cette impasse, tel que l’ont expliqué plusieurs analystes dans les médias locaux, certains fonds avaient investi une part importante de leurs ressources dans des actions difficiles à vendre rapidement. Lorsque des investisseurs ont demandé à récupérer leur argent, les gestionnaires ont rencontré des difficultés pour réunir les liquidités nécessaires, ce qui les a conduits à vendre des titres plus facilement négociables, accentuant ainsi la pression sur le marché.
Ce mécanisme, selon l’agence Reuters, a contribué à la forte baisse du principal indice de la Bourse d’Istanbul, le BIST-100, qui a perdu par exemple plus de 8% sur la seule semaine du 14 au 18 septembre, soit sa plus forte baisse hebdomadaire depuis mars 2025.
Face à ces tensions, la Banque centrale de Turquie a renforcé ses dispositifs de financement des banques, en annonçant notamment le 17 septembre dernier une hausse possible de ses opérations de pension à une semaine ainsi qu’un assouplissement de certaines conditions d’accès aux liquidités.
Le régulateur turc des marchés financiers, le SPK, a, pour sa part, ordonné la liquidation de 131 fonds gérés par sept sociétés, comptant près de 456 000 investisseurs individuels et près de 18 milliards de dollars d’actifs. Pour les analystes et acteurs du marché financier, cette situation révèle au grand jour les faiblesses structurelles du marché turc, caractérisé par un nombre limité de titres viables, une forte concentration des investissements et une faible part d’actions réellement disponibles à la négociation dans plusieurs entreprises.
A. A.







