La Mauritanie table sur une croissance économique de 5% en 2027 et un excédent budgétaire prévisionnel de 6,2 milliards d’ouguiyas (MRU), soit environ 155 millions de dollars, tel qu’il ressort du projet de budget (loi de finances) en cours d’examen.
Adopté en Conseil des ministres la semaine dernière, le nouveau texte devant encadrer les finances publiques du pays durant l’année prochaine mise, selon les indications du ministère mauritanien des Finances, sur la mobilisation des recettes intérieures, la maîtrise des dépenses publiques et la poursuite des investissements structurants, et ce, dans un contexte marqué par les incertitudes économiques internationales.
Le projet prévoit des recettes totales de 152,11 milliards MRU (près de 3,8 milliards de dollars), contre des dépenses et des prêts nets de 145,91 milliards MRU (un peu plus de 3,64 milliards de dollars), ce qui fait ressortir un solde global excédentaire de 6,2 milliards MRU (155 millions de dollars).
L’inflation est attendue à 3,3% durant le prochain exercice, alors que sur la période 2027-2029, la croissance réelle moyenne est estimée à 4,3%, selon les données communiquées par les services du gouvernement et relayées par l’Agence AMI. Ainsi, ces projections traduisent la volonté des autorités économiques et monétaires du pays de consolider les équilibres macroéconomiques tout en maintenant un effort d’investissement public, ont expliqué des spécialistes interrogés par des médias locaux.
Les recettes budgétaires reposent notamment sur les perspectives des secteurs extractifs, la progression des recettes fiscales et l’exécution des programmes de développement, alors qu’à moyen terme, le gouvernement prévoit une augmentation des revenus issus des ressources minières et des dividendes des entreprises publiques, parallèlement à un élargissement de l’assiette fiscale, au renforcement du recouvrement et à la numérisation des procédures fiscales et douanières.
Le projet de budget de 2027 s’inscrit, pour rappel, dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances de juin dernier, introduisant « un ancrage budgétaire fondé sur le solde primaire hors recettes extractives », dont le déficit doit être plafonné à 3,5% du PIB (produit intérieur brut) nominal à partir de 2027.
Une inflation attendue à 3,3%
Selon la nouvelle doctrine que le gouvernement mauritanien instaure à travers ladite loi organique, cet indicateur vise à « limiter la dépendance des finances publiques aux recettes issues des ressources naturelles, soumises aux variations des cours internationaux ».
Pour l’année prochaine, le déficit primaire hors recettes extractives, est attendu à 21,03 milliards MRU (près de 524 millions de dollars), soit 3,5% du PIB, contre 22,18 milliards MRU (553 millions de dollars) et 4% du PIB en 2026. Cette trajectoire doit donc permettre de renforcer la discipline des dépenses et de préserver la soutenabilité des finances publiques, tout en impliquant le maintien des recettes fiscales à un niveau suffisant et la maîtrise des charges courantes.
Pour justifier ces projections, le projet de loi s’appuie sur plusieurs programmes structurants, dont la deuxième phase du Programme de développement de la ville de Nouakchott, estimée à 11,59 milliards MRU (289 millions de dollars), ainsi que le Programme prioritaire de généralisation de l’accès aux services nécessaires au développement local, qui mobilise 26,4 milliards MRU (658 millions de dollars) sur la période 2025-2027.
Pour la région de Nouadhibou, le programme de développement qui a été prévu représente un coût global de près de 40 milliards MRU (près de 990 millions de dollars), comprenant notamment 25,44 milliards MRU (634 millions de dollars) pour les infrastructures de soutien aux secteurs productifs, dont un port en eau profonde et une station de traitement des eaux usées.
Par ailleurs, le document de programmation budgétaire 2027-2029 prévoit 183,7 milliards MRU (près de 4,6 milliards de dollars) de crédits d’engagement pour les investissements publics sur la période, tandis que l’aménagement du territoire représente 54,8 milliards MRU (1,37 milliard de dollars), devant les projets multisectoriels, avec 43 milliards MRU (1,07 milliard de dollars), le développement rural, avec 29,3 milliards MRU (731 millions de dollars) et le développement industriel, avec 20,7 milliards MRU (516 millions de dollars).
Toutefois, avertissent des analystes, ces objectifs restent tributaires de plusieurs facteurs de risque, dont une éventuelle baisse des cours de l’or, les incertitudes sur la production gazière ou un recul des financements extérieurs.
Ahmed A.







