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Avec une capitalisation qui avoisine les 12 milliards De dollars : Le marché boursier tunisien entre dans une phase de transformation

Prônant  le  renforcement  des  exigences  de  transparence  et  l’encouragement  du  développement de nouveaux instruments de financement, le CMF (Conseil tunisien du marché financier) entame l’accélération de la transformation du système financier du pays.

Dans son rapport sur les  orientations  et les actions engagées en faveur de la durabilité, publié fin octobre, le régulateur tunisien met l’accent sur l’intégration progressive  des  critères  environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans  les  stratégies  des  entreprises  et les décisions d’investissement, avec l’objectif de « rendre  le  marché  tunisien  plus  transparent  »  et  «  plus  attractif  pour  les  investisseurs,  notamment  internationaux ».

Le document fait état de progrès, mais tout en soulignant les écarts qui persistent entre les entreprises, et ce, en s’appuyant sur une étude menée auprès des 20 sociétés cotées en bourse, présentant les plus fortes capitalisations.

Représentant 81% de la capitalisation totale de la Bourse de Tunis, l’analyse de la situation de ces sociétés et l’évolution de leurs titres a révélé, selon le CFM, « des niveaux de maturité inégaux dans l’adoption des démarches de responsabilité sociétale ». L’échantillon, composé notamment de dix banques, quatre sociétés industrielles et trois entreprises agroalimentaires, a enregistré un taux de réponse d’environ 80%, correspondant à 72% de la capitalisation boursière totale, ont expliqué les experts qui ont mené cette étude.

Ainsi, les résultats font ressortir une « implication plus avancée des entreprises à participation étrangère », mais aussi plusieurs faiblesses, parmi lesquelles, « la diversité des référentiels utilisés, la difficulté de comparer les informations publiées et un faible recours à la vérification indépendante », ce qui représente autant d’insuffisances qui, selon le CMF, « limitent la fiabilité des données mises à la disposition des investisseurs et appellent à une meilleure harmonisation des pratiques».

A cet égard, il y a lieu de noter que le régulateur du marché financier tunisien, en l’occurrence le CMF, a déjà engagé plusieurs « mesures pour structurer cette évolution », en invitant, entre autres, depuis décembre 2025, les sociétés faisant appel public à l’épargne à « intégrer dans les notes annexes de leurs états financiers des informations sur les facteurs ESG susceptibles d’avoir une incidence significative sur leur situation financière et leurs perspectives ».

Une hausse de plus de 35% sur un an

En outre, selon le nouveau rapport, les précisions publiées en février 2026 prévoient une présentation autour de quatre axes qui sont « la gouvernance, la stratégie, la gestion des risques et les indicateurs ». Toutefois, durant l’exercice 2025, le dispositif s’est reposé sur « une approche progressive, selon le principe comply or explain, permettant aux entreprises qui ne disposent pas encore de données quantitatives fiables de justifier cette situation par des informations qualitatives », précise le CMF dans son nouveau rapport.

L’organisme tunisien mise également sur les obligations vertes, sociales et durables, dont il a élaboré un guide avec la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale spécialisée dans le financement et l’accompagnement des entreprises privées dans les pays en développement.

Ces instruments permettent ainsi de « mobiliser des fonds pour des projets à impact environnemental ou social positif, à condition de garantir la transparence sur l’utilisation des ressources et les résultats obtenus », est-il souligné, et dans le même temps, le CMF encourage les intermédiaires en Bourse, les sociétés de gestion et les investisseurs à intégrer les critères ESG dans leurs choix et leurs stratégies.

En tout cas, cette orientation intervient dans un contexte où la Bourse de Tunis a enregistré une forte progression en 2025, selon le bilan de Tunisie Valeurs, qui fait état d’une progression de Tunindex qui a atteint 35,1% sur l’année. Ceci au moment où, en valeur, la capitalisation boursière est passée de 26,5 à 34,7 milliards de dinars tunisiens (de plus de 8,8 à près de 11,6 milliards de dollars), pour 75 sociétés cotées.

Pour les analystes, cette dynamique constitue donc « un point d’appui », mais le développement du marché financier du pays de manière durable « dépendra aussi de sa capacité à diversifier les instruments proposés et à élargir la base des investisseurs », estiment-ils encore.

Ahmed A.

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