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Moyen-Orient : La hausse des coûts et la baisse de la demande fragilisent le secteur privé non pétrolier

Le secteur privé hors hydrocarbures des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et du Moyen-Orient observe  des  évolutions  mitigées,  avec des résultats qui reflètent des performances notables  dans  certains  et  un  coup  d’arrêt  dans  d’autres,  alors  que les incertitudes planent toujours sur les économies de la région.

Alors   que   le  Koweït   consolide   sa  reprise  et  que   l’Arabie  saoudite  maintient  une dynamique de croissance, l’Egypte et  le  Qatar  restent en  revanche  confrontés à une contraction  de l’activité des entreprises privées, tel qu’il ressort des indices PMI (Indice des directeurs d’achat) du mois d’octobre, établis par S&P Global et relayés ce mardi par Arab News. Au Koweït, l’indice PMI du secteur privé non pétrolier est passé de 52,4 points en septembre à 52,9 en octobre, se maintenant ainsi pour le quatrième mois consécutif au-dessus du seuil de 50 points, qui sépare l’expansion de la contraction.

Cette progression traduit « une accélération de l’activité, soutenue par l’augmentation de la production et des nouvelles commandes », dont la croissance a même atteint « son rythme le plus élevé depuis février », tandis que les commandes à l’exportation ont également progressé, relève le nouvel indice PMI.

L’Arabie saoudite conserve, elle aussi, une position favorable, malgré un léger recul de son indice, qui s’est établi à 54 points en octobre, contre 55,3 en septembre, demeurant largement au-dessus du seuil de croissance. Dans la monarchie, le secteur privé non pétrolier enregistre un septième mois consécutif d’expansion et, plus significatif encore, la progression de la production s’est accélérée, portée par la demande intérieure, la hausse des ventes et de nouvelles commandes qui continuent également d’augmenter, même si leur rythme a ralenti par rapport au mois précédent, selon la même source.

Cette dynamique trouve un écho dans les premières estimations des comptes nationaux saoudiens, où les activités non pétrolières ont progressé de 1,9% sur un an au troisième trimestre de cette année, contre 0,8% au trimestre précédent. Toutefois, la performance du secteur non pétrolier contraste avec le recul de 3,8% de l’économie du royaume dans son ensemble, sous l’effet d’une contraction de 20,4% des activités pétrolières, ce qui traduit « le poids croissant des activités hors hydrocarbures, sans pour autant effacer la forte sensibilité de la conjoncture saoudienne aux performances du secteur énergétique », est-il relevé.

Un recul de plus de 20% dans le secteur pétrolier

A l’inverse, la situation demeure plus difficile en Egypte, avec un indice PMI du secteur privé hors hydrocarbures qui est resté inchangé à 47,2 points en octobre, prolongeant à dix mois la période de contraction. Durant la même période, la production et les nouvelles commandes ont reculé à leur rythme le plus rapide depuis quatre mois, dans un contexte marqué par l’affaiblissement de la demande, la hausse des coûts et la pression sur le pouvoir d’achat.

Les entreprises égyptiennes font notamment face à un renchérissement des intrants, lié à l’augmentation des coûts d’importation, de l’énergie et du transport, ainsi qu’à la dépréciation de la monnaie locale face au dollar, explique la même source. Dans le pays nord-africain, la hausse des prix des achats a atteint son niveau le plus élevé depuis mai dernier, poussant les entreprises à relever leurs prix de vente au rythme le plus rapide depuis juin et cette situation complique les perspectives de reprise du secteur privé.

C’est le même constat concernant le Qatar qui, lui aussi, présente des signes de faiblesse plus prononcés, son indice PMI du secteur non énergétique ayant reculé à 46,3 points en octobre, contre 47,3 en  septembre, ce  qui  représente le  huitième  mois  consécutif  de contraction.

Cependant, l’activité des entreprises privées dans l’émirat a diminué à son rythme le plus marqué depuis sept mois, selon la même étude, relevant aussi des nouvelles commandes qui, elles, viennent d’enregistrer un onzième mois de baisse, tandis que le secteur de la construction a subi le recul le plus important et le marché du travail a montré des signes de fragilité, avec une première diminution de l’emploi depuis juillet 2024. Néanmoins, au Qatar, un indice non moins positif est relevé, à savoir les pressions sur les coûts qui se sont atténuées en octobre, car les prix d’achat et les salaires ont augmenté moins rapidement, ramenant l’inflation globale des coûts des entreprises à son plus bas niveau depuis six mois, relève aussi l’enquête de S&P Global.

Ahmed A.

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