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Alors que les exportations hors hydrocarbures augmentent de 8,5% : L’excédent commercial de l’Arabie saoudite chute de 21%

L’Arabie saoudite poursuit ses efforts de diversification économique, mais de nouvelles données sur l’évolution du commerce extérieur du pays illustrent les limites de cette transformation dans un contexte régional marqué par des incertitudes aigues.

En août dernier, les exportations non pétrolières de la monarchie ont progressé de 8,5% sur un an, à 18,32 milliards de riyals saoudiens (près de 5 milliards de dollars), tandis que les exportations totales de marchandises ont reculé de 11,5%, sous l’effet notamment de la contraction des ventes d’hydrocarbures. C’est ce qui ressort des dernières données rendues publiques par la GASTAT (Autorité générale saoudienne des statistiques) lundi dernier, mettant en évidence de manière on ne peut plus claire cette évolution contrastée.

Les exportations totales ont atteint 87,24 milliards de riyals (près de 23,3 milliards de dollars) durant le mois d’août de cette année, contre 71,64 milliards de riyals (un peu plus de 19 milliards de dollars) d’importations. Ainsi, l’excédent commercial s’est établi à 15,59 milliards de riyals (4,16 milliards de dollars), mais il a reculé de 21% sur un an, les exportations pétrolières ayant baissé de 12,5%, avec une part du pétrole dans les exportations totales qui est passée de 70,8% en août 2025 à 70% un an plus tard, une raison pour laquelle le recul de 9,1% des importations n’a pas suffi à empêcher la contraction de l’excédent.

La progression des exportations non pétrolières constitue néanmoins un signal positif pour la stratégie de diversification portée par le programme Vision 2030, notamment dans certains segments, comme les ventes de plastiques, de caoutchouc et de leurs produits qui sont la première catégorie de ces exportations, avec 22,6% du total.

C’est la même tendance que la GASTAT a constaté au niveau d’autres branches comme celles des produits chimiques, les machines et les équipements électriques qui figurent également parmi les catégories importantes de marchandises exportées par le royaume saoudien. Toutefois, ces nouvelles données font apparaître une différence entre les exportations de biens non pétroliers produits localement (production nationale) et l’ensemble des exportations non pétrolières, qui incluent les réexportations.

Le pétrole pèse 70% des exportations

Ces dernières ont en effet diminué de 9,1% sur un an en août, tandis que les marchandises réexportées ont chuté de 34%, à 7,84 milliards de riyals (un peu plus de 2 milliards de dollars), ce qui fait ressortir une contraction de la progression des ventes de produits locaux.

Cependant, le bilan de 2025 montre que les échanges hors hydrocarbures prennent une place croissante, tel qu’il ressort des données précédentes du même organisme, publiées en mai dernier, faisant apparaître des exportations non pétrolières, réexportations comprises, qui ont atteint 366,08 milliards de riyals (98 milliards de dollars), en hausse de 18,9% sur un an.

Cette augmentation a été largement portée par les réexportations, en progression de 64,4%, tandis que les exportations de produits locaux, hors les réexportations, ont légèrement diminué de 0,1%, selon les mêmes données, tandis que la part du pétrole dans les exportations totales est parallèlement passée de 73,1% en 2024 à 68,7% en 2025.

En tout cas, cette évolution s’inscrit dans une transformation plus large de l’économie saoudienne, confirmant ainsi les tendances relevées dans le rapport annuel 2025 de Vision 2030, publié en avril dernier, estimant que les activités non pétrolières représentent environ 55% du PIB (produit intérieur brut) et ont progressé de 4,9% durant l’année précédente.

La monarchie du Golfe cherche ainsi à renforcer les secteurs hors hydrocarbures à fort potentiel, comme les industries manufacturières, les services, la logistique et les activités commerciales pour réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures. En outre, la géographie des échanges du pays confirme l’importance des marchés asiatiques et du voisinage régional, à savoir les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) et le reste de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord).

Parmi les pays qui constituent les premières destinations des exportations saoudiennes de marchandises apparaissent, entre autres, la Corée du Sud, avec une part de 11,2% du volume total des exportations du royaume et l’Inde, avec 8,4%. Du côté des importations, la Chine est restée le premier fournisseur de l’Arabie saoudite, représentant 21,9% de ses achats à l’étranger, devant les Etats-Unis (8,4 %), alors que l’Egypte a compté pour 5,8% des importations saoudiennes, selon la même source.

Ahmed A.

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