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Déficit public, dette, activité économique en baisse : L’Italie face à une année 2027 pleine d’incertitudes

En présentant au début de ce mois le cadrage général de son budget (loi de Finances) pour le nouvel exercice, le gouvernement de Giorgia Meloni a, certes, relevé ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, mais tout en annonçant une remontée du déficit public dès l’année prochaine.

Entre renchérissement des prix de l’énergie, dépenses de défense et coût élevé de la dette, Rome doit ainsi concilier soutien à l’activité économique et respect des règles budgétaires européennes, et ce, à quelques mois des prochaines élections nationales. Pour ce qui est des nouveaux indicateurs, l’exécutif italien table sur un PIB (produit intérieur brut) qui devrait progresser de 1% en 2026, contre 0,6% anticipé en avril, puis de 0,8% en 2027, également au-dessus de la précédente estimation de 0,6%.

Bien qu’elles traduisent une résistance meilleure qu’attendu au premier semestre, il n’en demeure pas moins que ces nouvelles projections, qu’a rapportées Reuters cette semaine, restent modestes pour la troisième économie de la zone euro, dont la croissance demeure freinée par une productivité peu dynamique, une démographie défavorable et des difficultés persistantes à stimuler l’investissement privé.

Les fonds européens du plan de relance post-Covid ont, certes, soutenu l’activité et les investissements ces dernières années, mais leur contribution doit progressivement diminuer dans les prochaines années, alors que les entreprises et les ménages subissent les conséquences du renchérissement de l’énergie et du durcissement des conditions de financement.

L’Istat (Institut national de la statistique italien) avait déjà souligné, dans ses précédentes projections du mois de juin dernier, que la hausse des prix des produits énergétiques risquait de « peser sur la consommation et les exportations ». Sur le front budgétaire, le gouvernement prévoit de ramener le déficit public à 2,9% du PIB en 2026, contre 3,1% en 2025, ce qui permettrait à l’Italie de retrouver, pour la première fois depuis 2019, un déficit inférieur au plafond de 3% fixé par les règles européennes.

La dette atteint près de 139% du PIB

Néanmoins, l’amélioration qui en découlerait serait de courte durée et le déficit risquerait de remonte à 3,4% du PIB en 2027, avant de s’établir à 3,2% en 2028, selon les projections du cadre général du nouveau budget, présenté par le ministère de l’Economie. Cette trajectoire tient notamment à la volonté de financer des dépenses supplémentaires dans la défense et de répondre aux tensions sur les prix de l’énergie, dont Rome entend utiliser « la clause dérogatoire nationale » prévue par l’Union européenne.

Celle-ci « autorise temporairement une hausse des dépenses de défense sans appliquer de la même manière les contraintes budgétaires ordinaires », dans un contexte où le gouvernement estime que les dépenses supplémentaires concernées seraient de l’ordre de 29 milliards d’euros sur deux ans, selon la même source.

Toutefois, pour les analystes, cette flexibilité ne garantit pas une sortie automatique de la procédure européenne pour déficit excessif, comme le souligne à juste titre la Banque d’Italie, qui a averti lundi dernier que « le maintien de déficits supérieurs à 3% en 2027 et 2028 pourrait compliquer l’objectif de sortir de cette procédure ».

L’autre contrainte majeure reste l’endettement public, avec son poids qui devrait être de 138,1% du PIB en 2026, puis à 138,5% en 2027, avant un léger recul prévu à partir de 2028, ce qui limite les possibilités de nouvelles dépenses de soutien à l’économie. Ceci au moment où la remontée des rendements obligataires augmente progressivement le coût du financement de l’Etat, tel qu’il ressort des projections de la Commission européenne de mai dernier, évaluant la dette de la péninsule à 139,2% du PIB en 2027, ce qui exacerbe les incertitudes entourant sa trajectoire.

Cependant, la hausse de l’inflation ne fait que compliquer la situation, avec un taux annuel qui a rebondi à 4,1% en septembre dernier, contre 3,2% en août, alimentée essentiellement par la flambée des prix de l’énergie.

Ahmed A.

 

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