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Coton : La reprise des cours offre à l’Afrique une nouvelle fenêtre d’opportunités

Après  trois  années  de  baisse  sur  les  marchés  internationaux, le coton amorce un redressement de ses cours. Une embellie qui pourrait permettre aux pays africains producteurs d’améliorer leurs recettes d’exportation, mais surtout d’accélérer la transformation locale de cette fibre. Cette reprise intervient dans un contexte marqué par un recul attendu de la production mondiale, une progression de la consommation et un renchérissement du polyester, principal concurrent du coton.

Dans son rapport « Cotton : A Global Recovery and Africa’s Opportunity », la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) estime que cette évolution constitue « une nouvelle fenêtre d’opportunités » pour les pays africains capables d’améliorer leurs rendements, leurs infrastructures logistiques et leurs capacités industrielles. Pour l’institution, l’enjeu ne se limite plus à exporter du coton brut, mais à conserver une part beaucoup plus importante de la valeur ajoutée sur le continent.

Les perspectives du marché mondial apparaissent favorables aux producteurs. Selon les projections de juillet 2026 du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production mondiale de coton pour la campagne 2026/2027 devait atteindre environ 117,3 millions de balles, contre près de 122 millions de balles pour la consommation des filatures.

Les dernières estimations, publiées en août, confirment la tendance que la production est désormais attendue à 117,6 millions de balles, en baisse de près de 4% sur un an, tandis que la consommation devrait atteindre 122,9 millions de balles. Les stocks mondiaux de fin de campagne devraient ainsi tomber à 69,7 millions de balles, leur plus bas niveau depuis 2011/2012.

Cette situation est notamment liée aux difficultés rencontrées dans plusieurs grands bassins de production. Aux Etats-Unis, la sécheresse pèse sur les rendements, tandis que les prévisions ont été revues à la baisse pour plusieurs producteurs et exportateurs majeurs.

Le Brésil fait toutefois figure d’exception. Grâce à une agriculture à grande échelle, à une forte mécanisation et à des infrastructures logistiques performantes, le pays s’impose comme un concurrent de plus en plus redoutable.

Le polyester perd de son avantage

L’évolution des coûts des fibres synthétiques contribue également à soutenir le coton. En 2025, les fibres chimiques représentaient près de 80% de la consommation mondiale, contre un peu plus de 20% pour le coton, selon les données reprises par l’Afreximbank.

Mais la hausse des prix de l’énergie et des produits pétrochimiques en 2026 a renchéri la production du polyester, améliorant à court terme la compétitivité relative du coton. La demande mondiale de fibres reste, par ailleurs, soutenue par la croissance démographique, l’urbanisation et la progression des revenus.

La Chine demeure un acteur central du marché, malgré l’essor des industries textiles en Inde, au Bangladesh, au Pakistan et au Vietnam. Les prévisions de l’USDA tablent notamment sur une progression de la consommation chinoise.

Pour les producteurs africains, la remontée des cours représente une opportunité, mais elle ne garantit pas à elle seule une hausse durable des revenus. L’Afreximbank souligne que la production stagne ou recule dans plusieurs pays, notamment au Tchad, au Cameroun et au Mali, en raison des aléas climatiques, du coût élevé des intrants et de rendements insuffisants. La production cumulée de ces trois pays est estimée à environ 1,3 million de balles pour la campagne actuelle, contre 1,9 million en 2021/2022.

Cette contraction limite leur capacité à tirer pleinement profit de l’amélioration des prix. Le coton ouest-africain conserve néanmoins d’importants atouts, notamment au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali.

La fibre y est recherchée par les filatures asiatiques pour sa qualité, sa traçabilité et son faible niveau de contamination. Pour l’Afreximbank, l’Afrique doit donc agir sur trois fronts : accroître les rendements agricoles, améliorer les chaînes d’approvisionnement et développer la transformation locale. La filature, le tissage, la confection et l’habillement représentent la principale voie pour capter davantage de valeur.

Rabah N.

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