L’Irak a procédé à la dévaluation de la monnaie locale, le dinar irakien, de 14,5% face au dollar américain, ramenant le taux de change officiel à 1.520 dinars pour un dollar, contre environ 1 300 auparavant.
Cette décision, approuvée par le gouvernement et entrée en vigueur mercredi dernier, intervient alors que les perturbations des exportations pétrolières réduisent les recettes publiques et compliquent le financement du budget, et vise notamment à « procurer davantage de dinars à l’Etat pour chaque dollar tiré des ventes de pétrole », selon l’agence Reuters.
L’enjeu est crucial pour une économie fortement dépendante des hydrocarbures, dont les ventes de pétrole représentent la majeure partie des recettes publiques irakiennes, ce qui rend les finances du pays particulièrement vulnérables face aux fluctuations des cours et aux interruptions des approvisionnements.
Les exportations de brut irakien ont atteint un peu plus de 2,3 millions de barils par jour en août dernier, contre plus de 3,6 millions avant les perturbations liées au conflit régional et aux difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz, selon la même source.
Cependant, cette dévaluation intervient également dans un contexte budgétaire tendu, avec un projet de budget pour 2027 (loi de Finances) qui prévoit des dépenses de 217.000 milliards de dinars, soit environ 166 milliards de dollars, et un déficit supérieur à 40.000 milliards de dinars (plus de 26 milliards de dollars).
Les prévisions reposent notamment sur un prix du pétrole de 58 dollars le baril et des exportations d’environ quatre millions de barils par jour, ce qui est perçu par les analystes comme étant des hypothèses fragilisées par les perturbations actuelles dans la région.
Si un dinar plus faible permet à l’Etat de convertir ses revenus pétroliers en davantage de monnaie locale, il renchérit parallèlement les importations, étant donné que l’Irak dépend de l’étranger pour une partie importante de ses besoins en produits alimentaires, médicaments et biens industriels.
En conséquence, cette mesure risque d’alimenter les pressions sur les prix et de réduire le pouvoir d’achat des ménages, des raisons pour lesquelles elle suscite déjà des critiques au Parlement, où plusieurs élus contestent son coût social et réclament des explications sur les modalités de sa mise en œuvre.
A. A.







