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Avec une contraction de 2% de la croissance en 2026 : Le FMI met en garde contre une récession dans la région MENA

La persistance de la situation conflictuelle au Moyen-Orient compromet désormais les perspectives  économiques  de  la  région  MENA  (Moyen-Orient  et  Afrique  du  Nord),  confrontée à un choc énergétique, à des perturbations commerciales et à une montée des risques financiers.

C’est  ce  que  confirme  le  FMI   (Fonds monétaire  international )  dans  ses  nouvelles perspectives pour la région, présentées la semaine dernière à Bangkok, en Thaïlande, anticipant une contraction de 2% de l’activité régionale en 2026, soit un recul de 1,5% par rapport à ses projections de juillet dernier.

Toutefois, un  rebond  de  7% est  attendu  durant l’exercice 2027, sous réserve d’une normalisation de la production énergétique et des échanges dans la région, estiment les experts de l’institution de Bretton Woods, pour qui, à l’échelle mondiale, la croissance devrait atteindre 3,1% cette année, avant de remonter à 3,4% en 2027.

Ce contraste illustre l’exposition particulière du Moyen-Orient aux tensions géopolitiques et à leurs répercussions sur les marchés de l’énergie, comme l’a relevé jeudi dernier le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour, en soulignant que « la guerre au Moyen-Orient impose un choc très inégal aux économies de la région ».

Face à cette situation, les pays directement touchés subissent de fortes pressions, tandis que plusieurs économies importatrices de pétrole et des pays du Caucase et d’Asie centrale ont fait preuve d’une résilience supérieure, selon les analystes de l’institution. Cependant, les perturbations qui frappent fortement les installations de production, des routes maritimes et des approvisionnements en carburants continuent à faire grimper les prix et accroitre les coûts de transport.

Ceci au moment où la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement une part importante du pétrole et du gaz naturel liquéfié de la région, accentue les tensions sur les approvisionnements, avec des effets qui dépassent désormais le seul secteur énergétique pour toucher également les engrais, les denrées alimentaires et les chaînes logistiques.

Pour le même responsable au sein de l’institution internationale, les excédents accumulés avant le conflit, les itinéraires alternatifs, les ajustements de la demande et le recours aux stocks ont jusqu’ici amorti le choc, mais ces protections s’épuisent à présent. « Les réserves ont permis de gagner du temps, mais elles sont limitées », a-t-il averti tout en mettant en garde contre de nouvelles perturbations qui « pourraient provoquer des hausses de prix bien plus importantes », ce qui est un scenario selon lequel la solution dépend de la seule « rapidité du rétablissement de la production et des échanges ».

Un rebond de 7% attendu en 2027

En conséquence, les pays de la région exportateurs d’hydrocarbures directement affectés devraient connaître une contraction marquée en 2026, suivie d’un rebond lorsque la production se normalisera, selon la même grille d’analyse.

Toutefois, l’activité de ces pays pourrait rester inférieure aux trajectoires prévues avant le conflit et, à l’inverse, les économies importatrices de pétrole de la région ont jusqu’ici mieux résisté, soutenues notamment par « les transferts de leurs ressortissants, les recettes touristiques et certaines mesures publiques », mais cette résilience demeure néanmoins fragile, face à la hausse des coûts énergétiques et aux pressions inflationnistes, estime-t-on au FMI.

Les chiffres doivent toutefois être rapportés au périmètre géographique retenu, selon les analystes de l’institution qui évoquent aussi « une contraction de 1,3% en 2026 et une croissance de 6,6% en 2027 pour l’ensemble MENAP », soit la région Mena, l’Afghanistan et le Pakistan.

Enfin, au-delà de l’urgence énergétique, le FMI appelle les gouvernements de la région à « maintenir la stabilité des prix, à reconstituer leurs réserves budgétaires et à renforcer leur capacité à absorber de futurs chocs », car, estime-t-il, la hausse des dépenses de soutien, conjuguée à des coûts d’emprunt élevés, risque d’ « aggraver les déséquilibres des pays déjà fortement endettés ».

L’institution recommande aussi de privilégier des aides temporaires et ciblées aux ménages les plus vulnérables, plutôt que des subventions généralisées aux carburants, coûteuses pour les finances publiques et souvent moins efficaces pour protéger les populations les plus fragiles, tout en préconisant aussi « une politique monétaire adaptée » aux tensions inflationnistes, une mobilisation accrue des recettes nationales et une meilleure efficacité des dépenses.

Ahmed A.

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