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Avec près de 14 milliards de dollars d’investissements : L’Egypte premier exportateur africain d’IDE

L’Egypte  accélère  le  renforcement  de  son  ancrage  économique  africain  en  faisant  de l’investissement, du commerce et des partenariats industriels les principaux leviers de son retour sur le marché continental.

Cette ambition s’est confirmée la semaine dernière à El-Alamein, dans le nord du pays, où s’est tenu le premier AABF (Alamein Africa Business Forum) autour du « renforcement de l’intégration économique et des coopérations Sud-Sud ».

Cette initiative, qui a réuni des dirigeants africains, des responsables institutionnels, des investisseurs et des représentants du secteur privé, vise à transformer les relations politiques en projets concrets, en mobilisant les entreprises et les institutions financières autour d’opérations transfrontalières.

A noter aussi que le forum s’inscrit dans le cadre d’une décision de l’Union africaine adoptée en février dernier, à travers laquelle le Caire cherche à se positionner comme un intermédiaire entre les marchés africains, en s’appuyant sur ses infrastructures de transport, ses capacités industrielles et ses liens financiers.

Les enjeux du déploiement économique égyptien dans la région ne sont pas moins importants, comme le souligne World Investment Report 2026 de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), selon qui l’Egypte a attiré près de 15 milliards de dollars d’IDE (investissements directs étrangers) en 2025, se plaçant ainsi en tête des destinations africaines.

A l’international, les entreprises égyptiennes sont déjà présentes dans plusieurs secteurs stratégiques africains, comme la construction, l’énergie, l’industrie pharmaceutique, la logistique et l’agriculture.

Selon les données du gouvernement, les investissements égyptiens sur le continent sont estimés à quelque 14 milliards de dollars, dont plus de 3 milliards de dollars dans le barrage hydroélectrique Julius Nyerere, en Tanzanie, un chantier réalisé par un consortium dirigé par des entreprises égyptiennes. En outre, le commerce constitue un autre pilier de cette stratégie, comme l’illustre le rapport 2026 d’Afreximbank (Banque africaine d’import-export) sur le commerce africain, identifiant l’Egypte parmi les principales économies et partenaires commerciaux du continent.

Un déploiement soutenu par Afreximbank

Son appareil industriel lui permet de fournir des matériaux de construction, du ciment, des produits alimentaires transformés, des produits agricoles, des engrais, des produits chimiques et des matières plastiques, avec comme objectif élargir les débouchés des producteurs égyptiens tout en consolidant les chaînes de valeur régionales.

Le  gouvernement  entend  également  utiliser  les  ports,  les  zones  franches  et  les infrastructures logistiques égyptiennes pour développer les échanges entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, comme l’attestent les discussions menées en mai dernier par le ministère égyptien de l’Investissement et du commerce extérieur et Afreximbank.

Ces échanges ont porté, pour rappel, sur « les solutions de financement des échanges, du recours à la plateforme panafricaine de paiements et de règlements pour faciliter les transactions en monnaies locales », mais aussi sur « la possibilité de faire de l’Egypte une plateforme de réexportation à l’échelle continentale ».

Cette politique vise aussi les ressources naturelles africaines, dont la transformation sur place représente un enjeu de développement industriel, comme cela a été soulevé la semaine dernière au forum d’El-Alamein.

A cette occasion, les autorités égyptiennes ont insisté sur « la nécessité de convertir les ressources du continent en investissements, en capacités productives et en emplois », avec une logique qui consiste à « rapprocher les entreprises, les gouvernements et les institutions de financement afin de faire émerger des projets dans les secteurs où les besoins sont importants, notamment l’énergie, les infrastructures et l’agro-industrie », ont rapporté des médias locaux.

Cette offensive économique répond en tout cas à un objectif d’influence dans un contexte où le Caire cherche à consolider ses relations avec les pays du continent, notamment en Afrique de l’Est exprimant des besoins énergétiques et hydriques majeurs.

Ahmed A.

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