Le tribunal de Dar El Beïda rendra son jugement, le 15 octobre, dans l’affaire impliquant deux élus de l’Assemblée populaire communale (APC) de Dar El Beïda, poursuivis dans le cadre du dossier relatif au couffin de Ramadan destiné aux associations du quartier d’El Hamiz.
Lors de l’audience tenue jeudi dernier, le procureur de la République avait requis cinq ans de prison ferme et une amende de 5 millions DA à l’encontre de chacun des deux prévenus. L’APC, constituée partie civile, a réclamé 500.000 DA de dommages et intérêts, tandis que le Trésor public a demandé 5 millions DA à chacun des prévenus en réparation du préjudice subi.
Les deux élus, « Mahrez M. », membre de la commission de la jeunesse et des sports, et « M. Nasreddine », président de cette commission, sont poursuivis notamment pour abus de fonction, perception d’un avantage indu et dilapidation de deniers publics, en vertu de la législation relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Ils ont rejeté les accusations portées contre eux.
Une plainte à l’origine de l’enquête
L’affaire remonte au 23 juillet 2025, date à laquelle le président d’une association du quartier d’El Hamiz, « G. Mohamed », a saisi le procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda. Selon sa plainte, deux élus lui auraient demandé une somme de 50 millions de centimes, soit 500.000 DA, en contrepartie de l’obtention d’une aide communale du même montant destinée à son association dans le cadre du couffin de Ramadan.
Le plaignant affirme que les deux élus auraient convenu de faire voter, lors d’une délibération de l’APC, l’octroi de cette subvention, avant de récupérer ensuite la même somme en espèces à titre de pot-de-vin. Une enquête a alors été ouverte.
Les services de la police judiciaire sont intervenus lors d’un rendez-vous fixé entre le plaignant et les élus. « Mahrez M. » a été interpellé dans le parc automobile de la commune alors qu’il se trouvait avec le plaignant dans un véhicule. Une somme de 500.000 DA aurait été saisie et photographiée dans le cadre de l’opération.
Les deux élus contestent les accusations
Au cours de son procès, « Mahrez M. » a nié avoir sollicité ou accepté un pot-de-vin. Il a affirmé avoir agi dans le cadre de ses fonctions et soutenu que cette affaire résultait d’une plainte visant à l’écarter d’une éventuelle candidature aux élections locales de 2026. Il a également évoqué un conflit politique avec le plaignant. Selon sa version, l’aide accordée à l’association s’inscrivait dans un dispositif plus large de soutien aux associations sportives. Il a expliqué que la commission travaillait avec 49 associations et que l’octroi des subventions avait été décidé conformément à une délibération de l’APC.
Le second prévenu, « M. Nasreddine », a lui aussi contesté les faits. Il a déclaré avoir été interpellé alors qu’il allait chercher son fils à l’école et a nié tout accord avec son collègue concernant le versement de l’argent. Il a soutenu que les aides avaient été accordées à plusieurs associations en raison de leur participation à des compétitions sportives et de leurs résultats, et non dans le cadre d’un arrangement avec l’association plaignante.
Les deux prévenus ont également contesté tout lien entre les communications téléphoniques relevées sur leurs appareils et la somme d’argent saisie. L’enquête, ouverte en juillet 2025, a notamment porté sur les échanges téléphoniques ainsi que sur l’expertise électronique des téléphones portables saisis. A l’issue des débats, la présidente du tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 15 octobre.
Ratiba B.







