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Ils diffusaient des contenus à caractère pornographique : Deux prévenus condamnés à cinq ans de prison ferme

Le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed a condamné deux prévenus à cinq ans de prison ferme et à une amende de 500.000 DA chacun, dans une affaire portant notamment sur la diffusion de contenus attentatoires à la pudeur, des faits liés à des contenus à caractère pornographique impliquant un mineur et des infractions à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux avec l’étranger, à l’issue d’un procès qui s’est déroulé à huis clos.

L’affaire concerne une jeune femme de 22 ans, identifiée dans le dossier par les initiales « Z. Hiba Warda », et B. Tahar, âgé de 33 ans. Les investigations ont été déclenchées en octobre 2025, après le repérage de comptes sur les réseaux sociaux soupçonnés de diffuser des photographies et des vidéos pornographiques contre rémunération. Les services de lutte contre la cybercriminalité ont ouvert une enquête sur plusieurs comptes et pages utilisant des pseudonymes, dont « Warda Meryoula ».

Selon les éléments du dossier d’instruction, les constatations techniques auraient permis aux enquêteurs d’attribuer à la première prévenue certaines des photographies et vidéos diffusées sur ces comptes. Des contenus auraient également été proposés ou échangés contre rémunération sur la messagerie Telegram, les paiements étant notamment effectués via l’application BaridiMob. Les investigations ont ainsi porté sur les comptes concernés et les mouvements financiers associés afin d’identifier les personnes susceptibles d’avoir participé à la diffusion des contenus et à la perception des sommes versées.

Des transferts de fonds entre les Emirats arabes unis et l’Algérie

Interrogée sur son séjour aux Emirats arabes unis, la prévenue aurait déclaré s’être rendue à Dubaï en 2024 pour travailler dans les domaines de la coiffure et du mannequinat. Elle aurait également indiqué qu’un ressortissant émirati prenait en charge ses frais de séjour. Selon ses déclarations consignées dans les procès-verbaux d’enquête, elle percevait une rémunération pour ses activités professionnelles, ainsi que des sommes en contrepartie de photographies et de vidéos la représentant dans des tenues qualifiées d’indécentes.

D’après les mêmes éléments, les sommes perçues en contrepartie de ces contenus auraient pu atteindre 4.000 dirhams émiratis par jour. La prévenue aurait expliqué que des fonds étaient transférés vers l’Algérie, convertis en DA, puis déposés sur un compte postal. L’enquête financière a notamment visé à déterminer les modalités de transfert et de conversion de ces sommes, dans le cadre des vérifications relatives au respect de la réglementation des changes et des mouvements de capitaux entre l’Algérie et l’étranger.

Dans ce cadre, les enquêteurs ont identifié un compte courant postal ouvert au nom de B. Tahar, qui aurait reçu des sommes liées aux opérations examinées. Ils ont cherché à établir les liens éventuels entre ce compte, les paiements effectués via BaridiMob et les contenus diffusés sur les plateformes concernées. Interrogée sur le rôle de B. Tahar, la prévenue aurait déclaré qu’il s’agissait d’un ami chez qui elle avait laissé certains effets personnels.

Elle aurait nié tout lien entre lui et les faits qui leur étaient reprochés. Au cours de la procédure, la jeune femme aurait nié être à l’origine de certains comptes et pages utilisant des pseudonymes. Elle aurait contesté la publication de plusieurs contenus, tout en reconnaissant que les photographies et vidéos examinées par les enquêteurs la représentaient. Elle aurait également nié avoir filmé un mineur en train de se livrer à des actes à caractère pornographique et rejeté les accusations formulées à son encontre.

Dans le cadre de l’instruction, les enquêteurs ont procédé à l’examen de son téléphone portable, un iPhone 13 Pro Max, et à l’analyse de ses comptes électroniques et de ses supports numériques. Les poursuites portaient notamment sur des faits liés à la captation d’images d’un mineur se livrant à des actes à caractère pornographique, à la production et à la diffusion de contenus pornographiques impliquant des mineurs, ainsi qu’à la mise à disposition du public de contenus attentatoires à la pudeur.

Les chefs d’accusation mentionnés dans le dossier comprenaient également l’incitation à se livrer à la prostitution hors du territoire national, ainsi que des infractions à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux en provenance et à destination de l’étranger. Les deux prévenus ont été renvoyés devant la section correctionnelle le 3 août 2026 afin d’y répondre des faits qui leur étaient reprochés.

Ratiba B.

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