La cour criminelle de première instance de Dar El Beïda a condamné, en fin de semaine, S. Hamza, âgé de 38 ans, à cinq ans de prison ferme pour coups et blessures volontaires à l’aide d’une arme blanche ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Initialement poursuivi pour meurtre avec préméditation et guet-apens, l’accusé a bénéficié d’une requalification des faits. Le ministère public avait requis la peine de mort.
Les faits remontent à la nuit du 12 novembre 2025, vers 2 heures du matin, dans le quartier des 917 Logements, à Cherarba, dans la commune des Eucalyptus. La victime, J. Islam, un ami de l’accusé qui fréquentait le même quartier, a été mortellement blessée lors d’une altercation impliquant plusieurs personnes.
Selon les éléments présentés à l’audience, les services de police de Baraki ont été alertés par le centre de commandement et de contrôle de la sûreté de la wilaya d’Alger au sujet d’une violente bagarre impliquant plusieurs individus, au cours de laquelle des armes blanches auraient été utilisées.
Lors de l’affrontement, J. Islam a reçu plusieurs coups de couteau, notamment à la poitrine, à l’abdomen et au dos, selon les éléments du dossier. Grièvement blessé, il a été transporté à l’hôpital Selim Zemirli, à El Harrach, où il a succombé à ses blessures. Les investigations ont conduit à l’interpellation de S. Hamza le jour même, vers 5 heures du matin, dans le secteur de Matarès.
Lors de ses auditions, S. Hamza a reconnu avoir porté des coups de couteau à son ami, tout en livrant des versions divergentes sur leur nombre et les circonstances de l’affrontement. Il a expliqué être sorti de son domicile après avoir entendu des voix fortes, de la musique à plein volume et des propos grossiers sous son balcon. Il aurait alors demandé au groupe de mettre fin au tapage. Selon sa version, cette intervention aurait déclenché une altercation avec K. Mohamed, qui l’aurait insulté avant de l’agresser à l’aide d’une arme blanche.
Le prévenu a affirmé que plusieurs personnes étaient ensuite intervenues et qu’il s’était retrouvé au sol après avoir reçu des coups au visage et à la tête. Il a soutenu avoir été agressé avant de porter, à son tour, des coups de couteau à Islam. Après l’affrontement, il aurait abandonné son arme à proximité d’un commerce avant de prendre la fuite en direction du quartier de Mouni, aux Eucalyptus.
Un différend lié aux stupéfiants
Au cours de l’enquête, le prévenu a également évoqué un différend lié à une transaction portant sur la vente et l’achat de drogues et de substances psychotropes, dans laquelle auraient été impliqués le défunt et certains membres du groupe présent cette nuit-là. Les témoignages recueillis au cours de la procédure ont, pour leur part, fait état d’une altercation déclenchée après que le prévenu eut demandé au groupe de cesser le tapage nocturne.
Selon les déclarations rapportées au dossier, une confrontation physique aurait ensuite opposé les deux hommes à proximité de l’entrée de l’immeuble. Ces versions ont été examinées au cours du procès afin d’éclaircir les circonstances de l’affrontement et d’établir la responsabilité pénale de l’accusé.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a soutenu que les faits relevaient du meurtre avec préméditation et guet-apens. Il a notamment évoqué les antécédents judiciaires de l’accusé, ainsi que la grâce présidentielle dont celui-ci avait bénéficié en 2018, avant de requérir la peine de mort.
La cour a toutefois retenu une qualification pénale différente et à l’issue du délibéré et déclaré S. Hamza coupable de coups et blessures volontaires à l’aide d’une arme blanche ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et l’a condamné à cinq ans de prison ferme. Cette décision distingue les faits retenus par la juridiction de l’accusation initiale de meurtre avec préméditation et guet-apens.
R. B.







