L’économie mondiale se porte bien, en dépit des tensions commerciales provoquées par les tarifs douaniers américains depuis le début de l’année 2025, affirme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son rapport de septembre.
« La croissance économique mondiale a été plus résiliente que prévu au premier semestre de 2025, L’expansion de l’économie mondiale ayant atteint un rythme annualisé de 3,2 % », lit-on dans le document de 28 pages, qui prévoit une baisse de l’inflation dans la plupart des économies du G20 « en raison du fléchissement de la croissance économique et de l’atténuation des tensions sur le marché du travail ».
«La croissance du PIB mondial devrait passer de 3,3 % en 2024 à 3,2 % en 2025, puis 2,9% en 2026, à mesure que les effets d’anticipation vont prendre fin, et que le relèvement des droits de douane et la persistance d’une forte incertitude liée à l’action publique pèseront sur l’investissement et les échanges», affirme l’OCDE, précisant que dans les économies du G20, «l’inflation globale devrait ainsi reculer de 3,4 % en 2025 à 2,9 % en 2026, et dans les économies avancées de ce groupe, l’inflation sous-jacente devrait dans l’ensemble rester stable, s’établissant à 2,6% en 2025 et 2,5% en 2026».
« La vigueur des investissements liés à l’IA a dopé les résultats aux États-Unis, et en Chine, le soutien budgétaire a compensé le ralentissement des échanges et la faiblesse du marché immobilier », note l’OCDE. En effet, les échanges mondiaux de marchandises ont progressé rapidement au premier semestre de 2025, dans le sillage des bouleversements que connaît le commerce mondial.
De nombreux opérateurs ont anticipé sur l’entrée en vigueur des tarifs douaniers imposés par Donald Trump sur les importations américaines en provenance de plus de 180 pays, pour constituer des stocks de marchandises et de matières premières, ce qui explique cette forte croissance des échanges durant la période citée, avant le début d’un ralentissement progressif des échanges dont les effets commencent petit à petit à se faire sentir.
La tendance haussière des échanges «a été particulièrement manifeste avant le mois d’avril et s’est accompagnée d’une hausse des ratios stocks-ventes chez les détaillants aux États-Unis», note l’OCDE, expliquant que «les échanges ont poursuivi leur mouvement ascendant régulier dans les économies avancées d’Asie au deuxième trimestre, ainsi que dans les économies de marché émergentes d’Asie et d’Europe orientale, mais les volumes d’importations se sont nettement contractés aux États-Unis et les exportations ont chuté au Canada et en Amérique latine».
Les auteurs du document rappellent que les taux bilatéraux des droits de douane des États-Unis ont augmenté dans presque tous les pays depuis mai, soulignant que le taux tarifaire effectif global américain a augmenté pour atteindre un pourcentage estimé à 19,5% à la fin août, « soit le taux le plus élevé depuis 1933 ».
Aux États-Unis, la croissance annuelle du PIB devrait chuter de 2,8% en 2024 à 1,8 % en 2025, puis 1,5 % en 2026, «la forte expansion de l’investissement dans les secteurs de technologie de pointe étant plus que compensée par l’augmentation des droits de douane et un recul de l’immigration nette », expliquent les experts de l’OCDE.
La guerre technologique opposant la Chine et les Etats-Unis, qui ont imposé des droits de douanes sur certains produits chinois et interdisant l’entrée sur le sol américain d’autres composants électroniques (puces, etc.), sont derrière la chute du PIB annuel du pays de l’oncle Sam.
Quant à la zone euro, la croissance du PIB devrait s’établir à 1,2 % en 2025 et 1,0% en 2026, « l ’aggravation des tensions commerciales et de l’incertitude géopolitique étant dans une certaine mesure compensée par l’assouplissement des conditions de crédit.
En Chine, la croissance devrait atteindre 4,9 % en 2025 et 4,4 % en 2026, à mesure que les phénomènes d’anticipation se dissiperont, que les droits de douane augmenteront et que le soutien budgétaire diminuera », souligne le document en question.
L’OCDE avertit contre d’importants risques liés aux tensions commerciales qui « continuent de peser sur les perspectives économiques » mondiales, appelant les pays et les banques centrales à plus de vigilance, outre la mise en place d’une politique budgétaire stricte pour préserver la viabilité de la dette à long terme et conserver une marge de manœuvre permettant de réagir face à des chocs futurs.
«L’adoption de trajectoires crédibles d’ajustement budgétaire à moyen terme, conjuguant une intensification des efforts visant à maîtriser et réaffecter les dépenses et un accroissement des recettes, sera primordiale pour s’assurer de la stabilisation du poids de la dette», note le rapport de l’OCDE, estimant qu’il est nécessaire d’intensifier les efforts de réforme structurelle pour obtenir une amélioration durable des niveaux de vie et concrétiser les gains que peuvent générer des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle.
Lyès M.







