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Premières Journées algériennes du cinéma contemporain : Projections de courts-métrages et débats sur les mutations du 7e art

Le Théâtre régional d’El Eulma, dans la wilaya de Sétif, accueille les premières Journées algériennes du cinéma contemporain, une manifestation qui réunit cinéastes, artistes et passionnés du septième art autour de projections, de rencontres et de débats.

Organisé sous le slogan « Quand l’image parle », ce rendez-vous, qui se poursuit jusqu’au 4 novembre, entend promouvoir le court-métrage, encourager les jeunes talents et contribuer à redynamiser la vie cinématographique locale. 

Cette première édition met en compétition 30 courts-métrages produits en Algérie, au Sahara occidental, en Palestine, au Yémen, au Sultanat d’Oman, en Jordanie, en Egypte, en Tunisie, en Irak, aux Pays-Bas, en Espagne, en France et en Syrie. Elle offre ainsi au public l’occasion de découvrir des expériences cinématographiques variées et de s’ouvrir à des formes de création venues de différents horizons.

La deuxième journée de la manifestation a été marquée par la projection de dix courts-métrages, dont « La Porte » du réalisateur palestinien Khaled Khamash, « Le Rêve ultime » de Malak Abdelali (Irak), « Coup de pouce » d’Abdelkader Guidoum (Algérie) et le film d’animation « Le Pont » de Mohamed-Tahar Chawki Boukaf.

La réalisatrice algérienne Nassima Louail a salué, dans une déclaration à l’APS, une initiative qui constitue, selon elle, une occasion de mieux faire connaître le court-métrage, un format qui mérite davantage de visibilité auprès d’un public plus habitué aux longs-métrages.

Elle a estimé que les festivals et les rencontres spécialisés permettent aux spectateurs de se familiariser avec les contenus et les approches artistiques de ce genre cinématographique, tout en contribuant à élargir le cercle des amateurs du septième art. 

La cinéaste a également appelé les habitants d’El Eulma à soutenir cette manifestation et à participer aux projections et aux débats afin d’en assurer la pérennité. Par ailleurs, elle a insisté sur la nécessité de multiplier les espaces de projection et de réhabiliter les salles de cinéma pour renforcer le lien entre les œuvres et le public.

Un souhait partagé par Tarek Arab, artiste et homme de théâtre de la ville, qui considère ces journées comme une initiative susceptible de relancer l’activité cinématographique à El Eulma.  Il a rappelé que les deux salles de la ville accueillaient autrefois un public nombreux, soulignant l’importance de redonner au cinéma sa place dans le paysage culturel local et d’offrir aux jeunes des moyens d’exprimer leurs préoccupations à travers l’image.

Dans cette perspective, des ateliers consacrés au jeu d’acteur cinématographique, à l’écriture de scénario, à la prise de son et à l’assistanat à la réalisation sont également proposés. Ces formations visent à familiariser les participants avec les différents métiers du cinéma et à encourager l’émergence de nouvelles initiatives de production.

La réflexion sur les mutations du septième art a également occupé une place importante dans le programme, avec un séminaire organisé dimanche autour de la production de l’image cinématographique contemporaine, des enjeux de l’Intelligence artificielle (IA) et des défis du marketing commercial.

Ali Bentoumi, professeur des arts visuels à l’université de Tlemcen, a souligné les nouvelles possibilités offertes par l’IA dans la production et le traitement de l’image, notamment la création de scènes virtuelles et la maîtrise des couleurs, de l’éclairage et du mouvement. Il a toutefois estimé que le véritable enjeu réside dans la capacité de l’artiste à orienter ces technologies tout en préservant la créativité et l’originalité de son œuvre.

De son côté, Azzouz Benomar, enseignant de scénographie et des arts de la scène à l’université d’Oran 1, a évoqué les perspectives ouvertes par les outils numériques, tout en attirant l’attention sur les questions de propriété intellectuelle et de droits liés aux productions réalisées avec l’IA. Pour sa part, la cinéaste irakienne Fatima Abou Haroun a mis en avant le rôle du cinéma dans la transmission des causes humaines et le renforcement de la coopération culturelle arabe.

Les participants ont notamment abordé les mutations de l’industrie cinématographique, la valeur esthétique de l’image face aux impératifs commerciaux et les enjeux culturels et éthiques liés à son authenticité.

R. C./APS

 

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