A l’heure des bilans d’étape, positifs pour certains, les grands établissements financiers internationaux ne cachent pas leurs craintes face aux incertitudes que font peser les tarifs douaniers américains sur leurs exercices et développement à moyen et à long terme.
Annonçant hier une chute de ses bénéfices au premier trimestre, la Hong Kong & Shanghai Banking Corporation (HSBC) a averti, hier, la guerre tarifaire pourrait peser sur la demande de prêts et la qualité du crédit.
«Nous avons examiné toutes nos sources de revenus ainsi que notre portefeuille de crédit pour évaluer les différentes implications d’un tel scénario baissier», a déclaré le PDG Georges Elhedery aux journalistes lors d’une conférence téléphonique.
«Le résultat de cette analyse est que dans un scénario défavorable, mais plausible, nous avons un impact à un seul chiffre sur nos revenus et environ un demi-milliard de dollars de pertes de crédit supplémentaires attendues», a-t-il déclaré.
La banque a déclaré 900 millions de dollars de pertes de crédit attendues pour le trimestre, dont 150 millions de dollars pour refléter l’incertitude économique accrue.
Les clients commerciaux des États-Unis et de la Chine ont été particulièrement touchés, a déclaré Elhedery.
«Nous avons constaté une baisse significative des volumes le long du corridor États-Unis-Chine dans les secteurs qui n’ont pas bénéficié d’une dérogation ou d’une réduction des tarifs», a déclaré le PDG aux journalistes.
Les cinq plus grandes banques chinoises ont annoncé pour leur part une baisse de leurs marges sur leurs bénéfices pour la même période dans un contexte de ralentissement de l’activité d’un secteur immobilier en pleine crise en Chine.
«Au premier trimestre 2025, l’économie mondiale manquait d’une forte dynamique de croissance», a déclaré China Construction Bank Corp qui a enregistré une baisse de 4% de son bénéfice trimestriel net par rapport à la même période en 2024.
«Les perspectives de croissance du commerce mondial se heurtent à de nombreux défis, notamment la hausse des tarifs douaniers», a déclaré la banque.
La Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), le plus grand prêteur mondial en termes d’actifs, et Bank of China ont vu, elles aussi, leur bénéfice trimestriel diminuer respectivement de 4% et de 2,9% par rapport à l’année précédente.
Alors que les bénéfices de la Banque des communications de Chine (BoCom) et de la Banque agricole de Chine (AgBank) ont légèrement augmenté au premier trimestre de 1,5 et 2,2%, respectivement, leurs marges ont également diminué.
Les finances des grandes entreprises industrielles vont également souffrir des tarifs douaniers de Trump, comme General Motors et Volvo Cars, Adidas, Porsche et Electrolux. Ces entreprises ont annoncé des changements dans leurs perspectives et bénéfices pour l’année 2025.
Environ 40 entreprises à travers le monde ont retiré ou réduit leurs prévisions au cours des deux premières semaines de la saison des résultats du premier trimestre, montre une analyse de Reuters, y compris la compagnie aérienne américaine Delta, fabricant de gadgets informatiques Logitech et le géant des boissons Diageo.
Par ailleurs, l’autorité britannique de surveillance de la stabilité bancaire affirme avoir accentué sa surveillance des entreprises, tout en expliquant avoir abandonné d’exiger des banques la publication quotidiennement de leur niveau de liquidités.
«Nous avons renforcé la surveillance des entreprises, comme nous le faisons toujours dans ces situations. Nous n’avons, cependant, pas poussé le niveau de surveillance au maximum», a déclaré le président de l’Autorité de régulation prudentielle (Prudential Regulation Authority, PRA), Sam Woods, lors d’une audition devant des parlementaires, soulignant la reprise des cours des actions, l’absence de tensions sur les marchés financiers et le comportement globalement inchangé des clients.
Lyès M./Agences







