La divulgation des risques climatiques par les régulations bancaires n’est plus une obligation après l’opposition des Etats-Unis, a indiqué le Comité de Bâle dans un communiqué publié en fin de semaine dernière.
Composé de 220 banquiers centraux et représentants des autorités de surveillance du secteur bancaire, ce Comité a déclaré, dans son communiqué, qu’il «reconnaît que l’exactitude, la cohérence et la qualité des données climatiques évoluent et qu’il est donc nécessaire d’intégrer une certaine flexibilité au cadre final».
Ce comité «reconnaît également que de multiples indicateurs quantitatifs et informations qualitatives peuvent être nécessaires pour dresser un tableau complet de l’exposition des banques aux risques financiers liés au climat», ajoute la même source, expliquant que «les utilisateurs doivent considérer les informations divulguées de manière globale, en comprenant leurs points forts et leurs points faibles».
Par ailleurs, le Comité de Bâle affirme qu’il suivra les développements pertinents, «y compris la mise en oeuvre d’autres cadres de reporting et pratiques de divulgation par les banques actives à l’échelle internationale dans les juridictions membres, et examinera si des révisions du cadre seraient justifiées à l’avenir».
Les décideurs politiques et les régulateurs bancaires du monde entier débattent de la mesure dans laquelle le changement climatique devrait être intégré dans la réglementation et la politique des banques centrales, une querelle qui, selon les analystes, est susceptible de façonner la prise de décision.
Le cadre demande aux banques d’identifier comment le risque climatique pourrait avoir un impact sur leurs rendements financiers et leur profil de risque et de définir la manière, dont elles entendent y répondre. Il leur est demandé de prendre en compte à la fois les «risques physiques», comme les inondations et le stress thermique, et les «risques de transition», qui incluent les changements de politique climatique affectant l’agriculture.
Pour rappel, le comité de Bâle, qui existe depuis 1974, a décidé en avril 2024 de durcir les règles sur le contrôle bancaire et mis à jour ses principes fondamentaux, en introduisant, notamment l’obligation de divulgation des risques climatiques.
Ce comité avait engagé sa réflexion en 2022 dans un contexte de crise sanitaire de la Covid-19, en lançant une revue de ces principes avec pour objectif de «refléter les changements structurels affectant le système bancaire et leçons apprises depuis leur dernière révision en 2012», avait-il expliqué à l’époque dans un communiqué.
Si les règles avaient été considérablement durcies après la crise financière de 2007-2008, des «crises plus récentes, comme la pandémie de la Covid-19 et de crises bancaires ont renforcé l’importance de la résilience du système bancaire face à un éventail de nouveaux chocs», a insisté ce comité.
Alors qu’en Europe, les autorités ont intensifié leurs efforts pour faire face aux risques liés au climat, la Banque centrale européenne et d’autres institutions faisant de la gestion des risques climatiques une priorité essentielle, aux États-Unis, les efforts ont été réduits, voire abandonnés, sous la nouvelle administration du président Donald Trump qui a avait retiré son pays, faut-il le rappeler, de l’accord de Paris sur le climat et annulé de nombreuses décisions liées à l’engagement de Washington en faveur de la protection de l’environnement dans le cadre onusien.
Lyès M./Agences







