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Les Marocains manifestent de nouveau contre la normalisation avec l’entité sioniste

 

Le rejet populaire de la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste continue de prendre de l’ampleur, alors que des dizaines de milliers de Marocains ont manifesté, ce week-end, dans plusieurs villes pour exprimer leur opposition à ce qu’ils considèrent comme une «trahison» du régime marocain envers la cause palestinienne.

Depuis que le gouvernement marocain a entamé des démarches pour renforcer ses liens avec l’entité sioniste, la colère du peuple marocain n’a cessé de croître. Pour de nombreux citoyens marocains, «ce rapprochement ne représente en rien leur position historique de soutien inconditionnel au peuple palestinien», estimant que «cet acte de rapprochement est un abandon d’une cause symbolisant la dignité et les valeurs arabes et islamiques, ancrées dans la société marocaine depuis des décennies».

Des manifestations se sont tenues dans plusieurs villes du royaume, rassemblant des citoyens de tous âges. Brandissant des drapeaux palestiniens et arborant des keffiehs, les manifestants ont scandé des slogans tels que «La Palestine est un devoir, la normalisation est une trahison» et «Le peuple veut la fin de la normalisation». Ces slogans expriment clairement le sentiment de déception et de désaccord vis-à-vis de cette politique de rapprochement.

À l’appel de la Commission marocaine pour la défense des causes de la nation, des hommes et des femmes se sont mobilisés dans des villes comme Agadir, Chefchaouen, Berkane, Tiflet, Nador, Mohammedia et El Jadida. D’autres manifestations sont également prévues dans des villes comme Casablanca, où des citoyens continueront à exprimer leur refus catégorique de la normalisation.

Pour de nombreux Marocains, «cette démarche officielle de rapprochement constitue une trahison des droits des Palestiniens». Selon eux, «en légitimant un État qu’ils perçoivent comme un oppresseur, le gouvernement marocain déroge à son devoir moral et politique envers une cause que beaucoup considèrent comme sacrée et humanitaire, au-delà des dimensions politiques».

 

Le monde du travail et les étudiants s’y mettent aussi

Les manifestants insistent également sur le fait que «la normalisation ne se limite pas aux aspects politiques, mais qu’elle renforce indirectement les politiques répressives de l’entité sioniste à l’encontre des Palestiniens». En acceptant un rapprochement avec l’entité sioniste, le Maroc se place en contradiction avec les valeurs de solidarité et de justice, profondément ancrées dans l’identité marocaine.

Face à cette montée de la contestation, divers courants politiques et organisations civiles marocaines ont réitéré leurs appels à revoir cette politique de rapprochement. Ils appellent à un retour à une position fidèle à la volonté populaire, qui condamne fermement toute normalisation avec l’entité sioniste.

Des figures de la Groupe de travail national pour la Palestine ont, entre autres, organisé un rassemblement devant le Parlement à Rabat sous le slogan «Massacres dans le nord de Ghaza… l’holocauste sionisto-nazi avec la complicité de la normalisation officielle».

La Front marocain de soutien à la Palestine et de lutte contre la normalisation a, quant à lui, promis de poursuivre le combat jusqu’à ce que cette normalisation soit annulée. Elle encourage la population à «intensifier les actions de protestation sous forme de rassemblements et de marches dans toutes les régions du Maroc afin de dénoncer cette politique qu’elle considère comme une trahison majeure de la part du régime».

Parallèlement, les étudiants marocains, engagés dans un mouvement de soutien actif aux Palestiniens, organisent depuis plus d’un an des manifestations et des actions de solidarité. Le Syndicat national des étudiants du Maroc, la plus grande organisation étudiante du pays, a, à lui seul, coordonné plus de 400 manifestations dans une quarantaine d’institutions universitaires durant cette période. Ces événements ont contribué à sensibiliser la jeunesse à la question palestinienne et à renforcer le rejet de la normalisation dans les consciences étudiantes.

Yanis Aït-Lamara

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