Le nombre de cas d’obésité infantile a explosé à l’échelle mondiale, passant de 2% en 1990 à 8% en 2025, avec 188 millions d’enfants et d’adolescents (âgés de 5 à 19 ans) dans le monde, soit environ 1 enfant sur 10, selon les chiffres des organisations onusiennes, qui s’appuient sur des données en provenance de 190 pays.
Depuis 2000, le problème s’est aggravé, en raison de la malbouffe issue en grande partie de la restauration rapide. En un quart de siècle, « la proportion d’enfants et d’adolescents souffrant d’insuffisance pondérale s’est réduite, passant de 13 à 9,2% », affirmait l’ONU en décembre dernier, précisant que dans le même temps, l’obésité a triplé, de 3 % à 9,4%.
« Au total, un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids – soit 391 millions – dont près de la moitié sont obèses. Une tendance lourde, au sens propre comme au figuré, qui prépare un fardeau sanitaire pour les décennies à venir », avait alerté l’ONU. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que « les enfants et les adolescents atteints de cette maladie peuvent subir des répercussions médicales et sociales dès leur plus jeune âge ».
Ces enfants sont directement exposés au risque de maladies non transmissibles, notamment le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, outre la stigmatisation, la discrimination et le harcèlement qu’ils subissent. Ce qui n’est pas sans impact négatif sur leur santé mentale.
Pour freiner ce phénomène qui touche aussi bien les enfants que les adultes, l’OMS a émis un certain nombre de recommandations liées directement à la manière de se nourrir, encourageant l’activité physique et d’autres interventions visant à modifier les comportements, évitant toutefois tout recours aux traitements pharmacologiques, la chirurgie bariatrique (chirurgie qui modifie le système digestif pour induire une perte de poids) ou encore les dispositifs de perte de poids pour les enfants âgés de 0 à 9 ans.
« Chez les adolescents âgés de 10 à 19 ans, un traitement par des médicaments approuvés – tels que les thérapies GLP-1 – ne devrait être envisagé que lorsqu’un programme de modification du mode de vie supervisé n’a pas permis d’obtenir d’améliorations », estime l’OMS, soulignant que la chirurgie bariatrique peut être, également, envisagée sous des conditions strictes pour les personnes souffrant d’obésité sévère, lit-on sur le site d’information de l’ONU.
« La base de la prise en charge de l’obésité chez les enfants et les adolescents n’est ni la médecine ni la chirurgie, mais l’accès à un soutien global qui permette une alimentation saine, une activité physique et un changement de comportement durable », a déclaré le Dr Luz María De Regil, directrice du Département de la nutrition et de la sécurité alimentaire à l’OMS qui recommande aussi de prendre en considération la santé mentale parallèlement à l’obésité, «car elle en est à la fois une cause et une conséquence ».
L’OMS affirme, en effet, que « l’anxiété, la dépression, la faible estime de soi et la dysrégulation émotionnelle peuvent contribuer à des comportements alimentaires malsains, à l’inactivité physique et au repli social, tandis que les enfants et les adolescents souffrant d’obésité peuvent également être victimes de stigmatisation et d’intimidation qui nuisent à leur bien-être émotionnel ».
Mais des « changements systémiques » sont également nécessaires, pour inverser cette tendance inquiétante, insiste l’OMS, appelant à des politiques et des mesures visant à rendre les régimes alimentaires sains et l’activité physique plus accessibles et abordables, notamment des mesures réglementaires et fiscales et des actions dans les domaines de l’éducation, de l’urbanisme, des transports et de la protection sociale.
« Notre priorité doit être de garantir à chaque enfant et adolescent l’accès à des soins de qualité et à des environnements favorables dès son plus jeune âge, afin de l’aider à atteindre et à maintenir un poids santé et de jeter les bases d’une santé et d’un bien-être durables », a déclaré le Dr De Regil.
Sabrina Mouloud







