La sous-traitance et l’augmentation du taux d’intégration locale ont été au cœur des discussions entre le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, et les responsables d’Emin Auto, représentant de la marque chinoise JAC Motors en Algérie.
Reçue mardi soir au siège du ministère, la délégation conduite par le Directeur général de l’entreprise, Nihat Yavuz Sahsuvaroglu, a présenté l’état d’avancement du projet industriel implanté à Tamazoura, dans la wilaya de Aïn Témouchent. Au-delà de la reprise de l’assemblage des camions, l’enjeu est désormais de transformer progressivement cette usine en véritable plateforme de production automobile, avec un taux d’intégration locale supérieur à 30%.
Cette ambition repose notamment sur la mise en place d’un réseau de sous-traitance capable d’accompagner la montée en puissance du complexe. Plus de 30 équipementiers chinois ont déjà manifesté leur intérêt pour une implantation en Algérie, en partenariat avec des opérateurs locaux, notamment dans la fabrication de pièces de rechange et d’accessoires.
Un développement qui pourrait donner une nouvelle dimension au projet, en favorisant l’émergence d’un tissu industriel autour de l’usine et en réduisant progressivement la dépendance aux composants importés. Avec un investissement privé de 8 milliards DA, Emin Auto affiche des objectifs particulièrement ambitieux. Le complexe, qui s’étend sur 33 hectares, vise à terme une capacité de production de 100.000 véhicules par an, dont 40% seraient destinés à l’exportation.
L’entreprise prévoit également de porter ses effectifs à 1.700 employés, contre 380 postes directs lors du démarrage des activités. Sur le terrain, la reprise industrielle est déjà engagée. Après plusieurs années d’attente, l’usine de Tamazoura a relancé ses activités avec l’assemblage des camions JAC.
La production, entamée depuis plusieurs de jours, affiche actuellement une cadence de 60 unités quotidiennes. Celle-ci devrait prochainement atteindre 80 à 90 camions par jour. Cette reprise a notamment été rendue possible par le dédouanement de conteneurs stockés depuis plusieurs mois en zone sous douane, représentant l’équivalent de 3.500 camions en kits.
Sur les lignes d’assemblage, techniciens algériens et chinois travaillent conjointement à la mise en place des véhicules, avec plus de 400 pièces assemblées pour chaque camion. Au total, 15 modèles, dont des bus, sont annoncés dans le programme de production. Le premier modèle à sortir des lignes est le JAC 1040 S, proposé en plusieurs configurations, notamment plateau, benne, frigorifique et conteneur. La gamme couvre également plusieurs catégories de camions utilitaires, de 1 à 5 tonnes, ainsi que des minibus de 24 à 34 places, des bus de 44 places et des autobus de 100 places. Mais le véritable défi se situe dans la prochaine étape.
Emin Auto ambitionne de dépasser le simple assemblage de kits pour passer progressivement à une intégration industrielle plus poussée. Le projet prévoit notamment la fabrication de moteurs thermiques et marins, avec une capacité initiale annoncée de 40.000 unités par an, appelée à doubler à moyen terme. Les châssis et les cabines devraient également être fabriqués sur place, avec des opérations d’emboutissage, de soudage et de peinture.
Le partenariat avec JAC constitue un levier important pour concrétiser ces objectifs. Le constructeur chinois apporte son soutien technique, assure le transfert de technologie et participe à la formation des équipes algériennes, notamment à travers l’envoi de techniciens et la formation de personnels en Chine. Il a également accordé à Emin Auto la zone Afrique pour l’exportation de ses produits.
Nadine Oumakhlouf







