La disparition du lac Koroneia, dans le nord de la Grèce, illustre avec une rapidité spectaculaire les effets conjugués du changement climatique et de la pression exercée sur les ressources en eau. Autrefois vaste zone humide protégée, refuge pour des milliers d’oiseaux migrateurs et aquatiques, dont des flamants roses, le lac n’est plus aujourd’hui que l’ombre de lui-même.
Après une décennie marquée par de faibles précipitations, des températures élevées et une importante utilisation de l’eau pour l’irrigation, Koroneia a perdu l’essentiel de sa superficie. Selon les données de l’Observatoire national d’Athènes, le lac, qui était autrefois le cinquième plus grand de Grèce, est passé de 34,4 kilomètres carrés en 2016 à seulement 2,7 kilomètres carrés en 2026, soit moins d’un dixième de sa superficie initiale.
Sur place, le paysage témoigne de cette transformation. Les eaux restantes se concentrent dans quelques étangs troubles, tandis que l’ancien lit du lac s’étend désormais en une vaste plaine boueuse, fissurée et blanchie par des années d’exposition au soleil. Les roseaux se font rares et l’activité humaine qui animait autrefois les rives a pratiquement disparu.
« Nous avons connu le lac à son apogée, avec ses pêcheurs, son abondance d’eau, son magnifique parc et ses superbes paysages ornithologiques. Aujourd’hui, nous sommes déçus », a déclaré Costas Hatzivoulgaridis, président de la communauté riveraine d’Agios Vassilios.
Les scientifiques expliquent que le phénomène résulte principalement de l’évolution des conditions climatiques. Après une saison particulièrement pluvieuse en 2015-2016, les précipitations ont fortement diminué, tandis que les températures sont restées supérieures aux moyennes habituelles. L’eau du lac et les sources qui l’alimentaient se sont progressivement réduites.
« Le principal facteur expliquant la baisse du niveau du lac est certainement la pluviométrie annuelle dans son bassin versant, qui a été en moyenne d’environ 400 millimètres au cours des cinq dernières années au moins. C’est environ 150 millimètres de moins qu’au cours des décennies précédentes », a expliqué Dimitris Papadimos, responsable de la gestion des ressources en eau et du changement climatique au Centre national des zones humides.
À cette diminution des précipitations s’ajoute une évaporation accrue. Avec la hausse des températures moyennes locales, celle-ci aurait augmenté de 100 à 150 millimètres par an.
N. O.







