La guerre commerciale opposant les deux plus grandes puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis, a connu de nouveaux rebondissements le week-end dernier, avec le blocage par le président américain Donald Trump d’un accord bilatéral sur les semi-conducteurs, invoquant des raisons liées à la sécurité nationale.
Donald Trump a décidé, en effet, de bloquer l’acquisition par la société américaine de photonique HieFo Corp d’actifs du spécialiste aérospatial et de défense Emcore, basé dans le New Jersey, pour un montant de 3 millions de dollars, selon un communiqué de la Maison-Blanche.
Selon lui, l’entreprise HieFo était « contrôlée par un citoyen de la République populaire de Chine », ce qui constitue, a-t-il estimé, une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis. HieFo a racheté en 2024 les activités d’Emcore, ce qui a amené le président américain à croire qu’elle pourrait « prendre des mesures susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale des États-Unis ».
«Il existe des preuves crédibles qui me portent à croire que HieFo Corporation, une société constituée en vertu des lois du Delaware (HieFo) et contrôlée par un citoyen de la République populaire de Chine, par l’acquisition des actifs comprenant les puces numériques et les activités connexes de conception, de fabrication et de traitement de plaquettes d’Emcore Corporation, une société du New Jersey (Actifs Emcore), acquisition finalisée le 30 avril 2024 (cette acquisition, la transaction), pourrait prendre des mesures susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale des États-Unis», lit-on dans ce décret.
« La transaction est interdite, de même que toute participation ou tout droit détenu par HieFo dans les actifs d’Emcore, que ce soit directement ou indirectement par l’intermédiaire de HieFo ou de ses partenaires, filiales, sociétés affiliées ou actionnaires étrangers (collectivement, les « affiliés ») », affirme Donald Trump dans son décret, ordonnant à HieFo de « céder tous ses intérêts et droits sur les actifs d’Emcore, où qu’ils se trouvent », dans un délai de 180 jours.
Le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis a identifié un risque sur la sécurité nationale. Dans le cadre de son enquête sur l’accord, le département du Trésor a fait cette déclaration après le décret de Trump. Le communiqué ne précisait pas le risque pour la sécurité nationale.
Emcore était cotée en bourse au moment de l’accord, avant de changer de statut et devenir une entreprise privée par la suite. Cette entreprise a déclaré que HieFo avait racheté son activité de fabrication de puces et ses opérations de fabrication de plaquettes d’indium-phosphure pour 2,92 millions de dollars.
HieFo a déclaré à l’époque qu’elle avait été cofondée par Genzao Zhang, un ancien vice-président de l’ingénierie chez Emcore, et Harry Moore, dont le profil LinkedIn le décrit comme un ancien directeur des ventes senior chez Emcore, a rapporté l’agence de presse Reuters.
Mais en raison de la guerre commerciale opposant Pékin à Washington, notamment dans le domaine des technologies de l’information, notamment dans son segment touchant aux semi-conducteurs, cet accord devient du jour au lendemain caduc.
Pour rappel, les dirigeants des deux pays, en l’occurrence Donald Trump et Xi Jinping, ont conclu l’autonome dernier un nouvel accord visant à apaiser les tensions commerciales entre les deux parties. La mise en œuvre de cet accord avait fait baisser quelque peu ces tensions, qui ne sont pas sans impact direct et indirect sur l’économie internationale et le commerce mondial, qui subissent aussi les effets des bouleversements géopolitiques.
La course autour du contrôle des minerais rares s’est exacerbée ces dernières années, à la faveur de l’accélération du processus de transition énergétique, accentuant la pression sur la demande en semi-conducteurs, très utilisés notamment dans la fabrication des panneaux solaires, des voitures électriques et autres composants électroniques.
Lyès M.
Chine : Hausse des échanges commerciaux entre Shanghai et l’UE de janvier à novembre 2025
Les échanges commerciaux entre Shanghai et l’Union européenne (UE) ont atteint 742,31 milliards de yuans (environ 105,98 milliards de dollars) au cours des onze premiers mois de 2025, soit une augmentation de 1,4% par rapport à la même période en 2024, selon les données des douanes de Shanghai.
La croissance des échanges commerciaux est principalement attribuée aux articles tels que les batteries au lithium et les cosmétiques.
Au cours des premiers mois de 2025, Shanghai a exporté pour 40,51 milliards de yuans de batteries au lithium, soit une augmentation de 30,5% sur un an.
Sur ce total, les exportations vers l’UE se sont élevées à 20,93 milliards de yuans, en hausse de 56,4% en glissement annuel, représentant plus de la moitié du total.
Les exportations de cosmétiques de Shanghai vers l’UE ont connu une augmentation discrète ces dernières années.







