Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a indiqué mardi soir que « la prochaine étape sera consacrée au parachèvement de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers sur le terrain, après son adoption par le gouvernement, à même de renforcer la prévention contre les bandes de quartiers, de protéger les jeunes et de consolider la sécurité au sein de la société ainsi que l’autorité de l’Etat ».
Cette annonce est intervenue à l’issue de la réunion de la Commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers, consacrée à l’examen du projet de plan d’action chargé de mettre en œuvre la future stratégie nationale.
Par cette déclaration, le ministre fixe désormais le cap. En effet, après les phases d’élaboration et de concertation, le chantier entre dans une étape opérationnelle qui doit permettre la traduction concrète de cette stratégie sur le terrain, une fois son adoption par le gouvernement actée.
Réunie sous la présidence de Saïd Sayoud, la Commission nationale a ainsi examiné et discuté du projet de plan d’action destiné à accompagner la stratégie nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers. Ce document est appelé à constituer la feuille de route de l’ensemble des intervenants mobilisés contre ce phénomène.
« Le plan d’action représente une feuille de route opérationnelle »
Selon le ministre, le plan d’action représente « une feuille de route opérationnelle reposant sur des programmes susceptibles d’être mis en œuvre, suivis et évalués selon une approche globale prenant en compte les dimensions sécuritaire, sociale, éducative, culturelle, économique et numérique, ce qui permettra de passer d’une approche d’intervention après la survenance du crime à une approche d’anticipation ».
Cette philosophie marque une évolution importante de la politique publique en la matière. L’objectif n’est plus uniquement de réagir aux actes de violence, mais d’agir en amont afin d’empêcher l’émergence des bandes de quartiers, notamment en s’attaquant aux facteurs sociaux, éducatifs et économiques susceptibles d’alimenter ce phénomène.
Le ministre a rappelé que «la sécurité des citoyens dans les quartiers et les espaces publics ne se limite pas au maintien de l’ordre public, mais constitue un pilier essentiel pour le renforcement du front intérieur et la consécration de la sécurité nationale ». Il a également insisté sur le fait que l’efficacité du dispositif sera appréciée à l’aune de ses résultats concrets sur le terrain. « La réussite du plan d’action sera évaluée en fonction de son impact concret réalisé sur le terrain et de sa capacité à protéger les jeunes, à préserver les quartiers et à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat », a-t-il affirmé.
Au cours des travaux, les membres de la Commission nationale ont formulé plusieurs observations et propositions destinées à enrichir le projet de plan d’action et à renforcer les mécanismes de sa mise en œuvre ainsi que de son suivi, réaffirmant «la nécessité de la complémentarité aux niveaux central et local» afin d’assurer la réalisation des objectifs assignés à la stratégie nationale.
Cette réunion s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs mois. En avril dernier, le ministre de l’Intérieur avait procédé à l’installation officielle des membres de la Commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers pour le mandat 2026-2029. A cette occasion, il avait présenté cette instance comme « un nouvel instrument de coordination entre les différents secteurs concernés, fondé sur une approche conjuguant prévention et dissuasion ».
« Traiter le phénomène à la racine et ne pas se limiter à ses apparences »
Quelques semaines plus tard, la Commission avait examiné le projet de stratégie nationale 2026-2029. M. Sayoud avait alors expliqué que ce document est le fruit d’un diagnostic approfondi du phénomène et qu’il vise à « traiter le phénomène à la racine et ne pas se limiter à ses apparences », en identifiant les facteurs favorisant le développement des bandes de quartiers afin d’apporter des réponses durables.
La stratégie nationale s’inscrit dans le prolongement de l’ordonnance n°20-03 du 30 août 2020 relative à la prévention et à la lutte contre les bandes de quartiers. Ce texte prévoit l’élaboration d’une politique nationale fondée sur une approche globale combinant prévention, sensibilisation, dissuasion et coordination institutionnelle.
Concrètement, la stratégie cible les établissements scolaires, les quartiers, les maisons de jeunes, les lieux de culte ainsi que l’espace numérique. Elle prévoit le renforcement des mécanismes d’alerte précoce, la collecte d’informations, le développement d’actions de proximité, la sensibilisation des jeunes et des familles, ainsi qu’une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés, notamment les Collectivités locales, les services de sécurité, les secteurs de l’éducation, de la jeunesse, de la culture, les médias, la société civile et les plateformes numériques.
Le plan d’action actuellement examiné doit précisément permettre de transformer ces orientations stratégiques en programmes concrets, assortis d’indicateurs de suivi et d’évaluation. L’ambition affichée par les pouvoirs publics est d’installer une politique permanente de prévention, capable d’anticiper les risques, de protéger la jeunesse et de préserver durablement la sécurité des quartiers tout en renforçant l’autorité de l’Etat.
F. B.







