Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, hier au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif Rahal, la cérémonie d’ouverture de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues sous le slogan : « Une année après le lancement de la Stratégie nationale, ensemble relevons le défi ».
Intervenant à l’ouverture de cet événement placé sous le haut patronage du président de la République, le Premier ministre a indiqué que «la célébration de cette Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues est une occasion de réflexion, de réexamen et d’alerte face à un fléau dont les dangers dépassent les limites de la santé publique pour menacer la sécurité des Etats, la cohésion des sociétés ainsi que les fondements du développement durable ».
Evoquant la Stratégie nationale (2025-2029) de lutte contre ce fléau et de prévention contre les différentes drogues et psychotropes, le Premier ministre a souligné l’option prise par l’Algérie dans la gestion de ce fléau conformément à une vision stratégique globale et multidimensionnelle fondée sur une approche participative des différents acteurs et intervenants dans ce domaine.
« L’Etat a adopté une doctrine fondée sur le principe selon lequel les drogues ne constituent pas un simple crime, mais une menace stratégique visant la sécurité de l’Etat, la cohésion de la société et les capacités de la Nation. C’est pourquoi il s’est attaché à mettre en place un dispositif législatif solide et intégré, capable de faire face à ce phénomène évolutif et de lutter avec fermeté et efficacité contre ses réseaux criminels », a soutenu le Premier ministre, expliquant que cette Stratégie « procède d’un diagnostic précis et global du phénomène, dans le but de l’éradiquer et d’en tarir les sources et les causes, en s’appuyant sur une démarche coordonnée et intégrée, alliant prévention, traitement et dissuasion, dans le cadre d’une approche unifiée visant à faire face à ce phénomène avec une vigilance permanente et une efficacité continue ».
Les objectifs que cette Stratégie tend à réaliser «exigent un engagement collectif et une large complémentarité institutionnelle et sociale pour leur concrétisation, en tenant compte de plusieurs dimensions essentielles, notamment l’intégration de la dimension préventive à travers la sensibilisation, l’activation des mécanismes thérapeutiques, le renforcement des programmes de réinsertion sociale des toxicomanes, l’adoption d’une politique pénale globale et dissuasive dans le cadre de la lutte contre ce phénomène, du tarissement de ses sources et du démantèlement de ses réseaux, le renforcement de la coopération internationale et l’intensification de la coordination régionale en matière de lutte contre la criminalité transfrontalière», a détaillé le Premier ministre.
« L’Etat est conscient que cette bataille ne peut être gagnée par les seuls efforts institutionnels, mais exige une mobilisation nationale globale, avec la participation de l’ensemble des acteurs et forces vives de la société afin de bâtir un front national uni capable de protéger les citoyens et de préserver le pays contre l’un des fléaux les plus dangereux qui menacent son présent et son avenir », a relevé Sifi Ghrieb.
La lutte contre la drogue en Algérie est « une bataille menée sur plusieurs fronts, nécessitant une coordination étroite entre l’Etat et les différentes composantes de la société », a-t-il ajouté, estimant que « la dimension sécuritaire, à elle seule, ne suffit pas. Il est indispensable d’ancrer la culture de la prévention, d’offrir aux jeunes des alternatives sociales, sanitaires et de développement et d’assécher les circuits de trafic et de consommation ».
Dans ce même cadre, le Premier ministre a considéré cette journée comme une étape « essentielle » en vue de renforcer la coopération et la coordination entre les différents acteurs dans le but d’échanger les expertises et les expériences réussies fondées sur un diagnostic scientifique précis concernant ce fléau et la compréhension des changements de méthodes adoptées par les criminels ainsi que leurs ramifications à l’échelle régionale et internationale.
Dans son intervention, le Sifi Ghrieb a mis en lumière l’initiative prise par les pouvoirs publics de moderniser le système juridique en matière de lutte contre les stupéfiants à travers la mise en place de réformes juridiques nationales en vue d’élever le degré de la répression, d’assécher les sources des narcotrafiquants et le démantèlement des réseaux criminels, tout en se focalisant sur la protection des jeunes susceptibles de constituer des victimes directes.
Boubekeur Amrani







