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L’Organisation météorologique mondiale l’a annoncé : El Nino fait craindre un mois d’octobre très sec et des inondations

Les  canicules  de  l’été 2026  pourraient n’avoir été qu’un avant-goût. Dans le Pacifique équatorial, El Nino gagne rapidement en intensité et fait craindre une multiplication des sécheresses, des pluies extrêmes et des inondations dans plusieurs régions du monde.

Le 31 juillet dernier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé « qu’un épisode intense pourrait se développer d’ici octobre, avec une anomalie de température pouvant atteindre 2,9 °C dans les principales zones de surveillance. » Le phénomène impressionne surtout par sa rapidité. 

Entre  février et avril 2026, une La Nina  encore  affaiblie  persistait dans le Pacifique équatorial. En quelques mois seulement, la situation a basculé vers des conditions neutres, avant que les températures de surface de l’océan ne progressent fortement. Cette transition intervient alors que les océans enregistrent déjà des niveaux de chaleur exceptionnels à l’échelle mondiale.

Selon les projections disponibles, l’intensification d’El Nino devrait se poursuivre jusqu’en novembre. Les différents modèles météorologiques présentent une dispersion relativement faible, ce qui traduit une convergence importante des prévisions.

Dans son bulletin, l’OMM classe l’épisode attendu comme « fort », sur une échelle allant de faible à très fort. El Nino ne produit pas partout les mêmes effets. Son influence modifie la circulation atmosphérique et peut déplacer les zones de précipitations, provoquant simultanément des excédents de pluie dans certaines régions et des périodes de sécheresse dans d’autres.

Pour les prochains mois, des précipitations supérieures aux normales sont notamment envisagées dans la Corne de l’Afrique, en Asie centrale et dans le sud de l’Europe. L’ouest de l’Amérique du Nord ainsi que le sud-est de l’Amérique du Sud pourraient également connaître des épisodes plus humides. Dans les régions vulnérables, ces pluies pourraient accroître les risques d’inondations et de glissements de terrain.

Un phénomène qui pourrait redistribuer les pluies

A l’inverse, le sous-continent indien, le sud de l’Australie, le sud de l’Amérique centrale et le nord de l’Europe pourraient connaître des conditions plus sèches. Ces contrastes pourraient également favoriser une augmentation du risque d’incendies de végétation dans certaines zones. El Nino ne sera toutefois pas le seul facteur à surveiller.

Un dipôle positif de l’océan Indien pourrait également se développer, avec une valeur saisonnière moyenne estimée à 0,6 °C. Ce phénomène se caractérise notamment par un réchauffement de la partie occidentale de l’océan et un refroidissement de sa partie orientale.  L’Atlantique tropical présente lui aussi des températures supérieures aux normales.

La combinaison de ces différents signaux océaniques pourrait donc renforcer certains épisodes de sécheresse, de fortes pluies ou de chaleur. Face à ces perspectives, l’OMM et le système des Nations unies ont renforcé les échanges afin d’améliorer l’anticipation des risques. Des briefings ont notamment été organisés pour « préparer les réponses humanitaires ».

Des prévisions régionales sont également diffusées en amont, notamment pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. El Nino apparaît généralement tous les deux à sept ans et persiste en moyenne neuf à douze mois. Son intensité maximale intervient souvent entre novembre et février.

Surtout, ses conséquences climatiques les plus importantes peuvent se manifester plusieurs mois après son pic. Pour l’épisode qui se dessine en 2026, le véritable impact pourrait donc se faire sentir en 2027. Après un été marqué par des épisodes de chaleur intenses, le monde entre ainsi dans une nouvelle période de vigilance climatique.

Nadine Oumakhlouf


La Chine redoute un El Nino d’une intensité historique
La Chine se prépare à un épisode El Nino qui pourrait atteindre une intensité jamais observée depuis le début des relevés météorologiques modernes. Des météorologues du gouvernement chinois ont annoncé que « le phénomène devrait continuer à se renforcer au cours des prochains mois, avec des conséquences possibles en Chine et dans plusieurs régions du monde ». Selon les responsables du Centre national du climat, « des signes d’El Nino sont apparus dès le mois de mai dans les secteurs central et oriental du Pacifique équatorial. Depuis, les températures de surface de la mer ont augmenté rapidement. » Les autorités chinoises prévoient que « l’indice mesurant la température de surface de la mer atteindra un niveau compris entre 3,2 et 3,5 degrés Celsius autour du mois de novembre ».

Si ces prévisions se confirment, cet épisode pourrait devenir le plus intense jamais enregistré depuis le début des observations instrumentales. Les météorologues soulignent également que « le phénomène aura des répercussions sur les conditions météorologiques en Chine durant l’automne et l’hiver, mais aussi au printemps et à l’été prochains. El Nino est déjà considéré comme l’un des facteurs ayant contribué aux importantes perturbations météorologiques et aux inondations observées en Chine cette année. » El Nino est un phénomène climatique naturel qui apparaît généralement tous les deux à sept ans. Il se produit notamment lorsque les alizés s’affaiblissent, permettant aux eaux de surface du Pacifique tropical oriental et central de se réchauffer davantage.

Ce réchauffement peut modifier les régimes de précipitations sur de vastes territoires. Certaines régions peuvent connaître des périodes de sécheresse prolongée, tandis que d’autres sont exposées à des pluies plus abondantes et à des risques accrus d’inondations. Le phénomène est également associé à une hausse des températures moyennes mondiales. En Colombie, par exemple, la sécheresse liée à El Nino a déjà contribué à l’assèchement de plusieurs réservoirs et plans d’eau.

N. O.


 

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