Skip to content
Menu

L’Agriculture périurbaine, une solution d’avenir

Face à l’urbanisation croissante et aux défis alimentaires, l’agriculture urbaine est souvent présentée comme une solution d’avenir. Pourtant, selon Christine Aubry, enseignante-chercheuse à AgroParisTech, « les fermes installées au cœur des villes ne pourront pas, à elles seules, répondre aux besoins alimentaires des populations urbaines ».

Leur rôle est surtout pédagogique, environnemental et social. Pour renforcer la capacité des villes à se nourrir localement, l’agriculture périurbaine apparaît comme un complément essentiel. Les expériences d’agriculture urbaine très technologiques ont montré leurs limites. Les fermes installées en intérieur, notamment dans des conteneurs ou des bâtiments, nécessitent des investissements importants et peuvent être fortement consommatrices d’énergie.

Plusieurs projets ont ainsi disparu, tandis que certaines productions très spécialisées ont trouvé leur place sur des marchés à forte valeur ajoutée. Cette évolution rappelle l’importance d’adapter les modèles agricoles aux réalités économiques et aux besoins des populations.

Dans les villes, les jardins collectifs, les micro-fermes et les initiatives participatives répondent toutefois à d’autres besoins. Ils permettent aux habitants de mieux comprendre les cycles agricoles, l’origine des aliments et les enjeux environnementaux. L’agriculture urbaine contribue ainsi à renforcer les liens entre alimentation, environnement et citoyenneté.

Mais pour nourrir durablement les populations urbaines, la production située aux abords des villes constitue un enjeu majeur. L’agriculture périurbaine peut fournir des produits frais tels que les légumes, les œufs, le lait ou les céréales, tout en rapprochant producteurs et consommateurs.

Cette évolution rejoint plusieurs dimensions des ODD. Elle peut favoriser une alimentation plus accessible et diversifiée, soutenir les activités économiques locales et contribuer à des modes de production plus durables. Elle peut également renforcer la résilience des territoires face aux crises alimentaires, énergétiques ou climatiques.

La réussite de cette transition dépend cependant de l’organisation des filières : accès au foncier, transmission des exploitations, stockage, transformation, distribution et débouchés dans la restauration collective. Il ne s’agit donc pas d’opposer agriculture urbaine et agriculture périurbaine, mais de mieux répartir leurs rôles.

Les premières sensibilisent et créent du lien avec les habitants ; les secondes disposent de davantage d’espace pour produire. Ensemble, elles peuvent participer à construire des systèmes alimentaires territoriaux plus proches, plus résilients et davantage en cohérence avec les ODD.

N. O.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Archive