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L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur enfin signé

L’Union européenne  et  le  Mercosur  (le  bloc  sud-américain)  ont  signé, samedi  soir, au Paraguay, un accord de libre-échange, après 25 ans de négociations. Il s’agit de l’un des plus importants accords que l’UE n’a jamais signés, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère économique entre les deux parties, pour un marché estimé à 700 millions de personnes, soit la plus grande zone de libre-échange au monde, avec plus de 30% du PIB mondial.

Dans un contexte de bouleversements économiques inédits, en raison notamment de la guerre tarifaire américaine et des tensions géopolitiques, l’UE et les pays d’Amérique du Sud s’offrent une nouvelle fenêtre pour redynamiser leurs économies respectives, et surtout intensifier leurs échanges, estimés en 2024 à plus de 111 milliards de dollars.

Cet accord permet ainsi de réduire la barrière douanière sur certains produits et même de les supprimer carrément pour d’autres, ce qui permettra à l’Europe d’augmenter ses exportations, principalement composées de machines, de produits cumiques et de matériel de transport, alors que les quatre pays membres fondateurs du Mercosur, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay exporteront des produits agricoles, des minéraux, de la pâte à papier et du papier.

Si la plupart des pays européens ont apposé leur signature en faveur de cet accord, en dehors de la France, l’Autriche, la Pologne, la Hongrie et l’Irlande, ce texte doit passer l’épreuve du Parlement européen et des parlements respectifs des pays membres du Mercosur, excepté la Bolivie qui n’a pas participé aux négociations, n’ayant été intégré à ce bloc qu’en 2023.

Le Mercosur représente un marché de 300 millions d’habitants et plus de 75 % du PIB cumulé du continent. C’est surtout du côté européen donc que l’accord risque d’être bloqué, le texte suscitant de nombreuses inquiétudes chez les agriculteurs et des défenseurs de l’environnement qui affirment craindre des importations sud-américaines à bas prix et une déforestation accrue.

« Cet accord envoie un message très fort au monde. Il reflète un choix clair et délibéré. Nous privilégions le commerce équitable aux droits de douane.  Nous privilégions un partenariat productif et durable à l’isolement », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avant la signature de cet accord, à laquelle n’a pas assisté le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a dépêché son ministre des Affaires étrangères.

« Et par-dessus tout, nous apporterons des avantages concrets et tangibles à nos peuples et nos entreprises », a ajouté la responsable européenne. « Cet accord permettra à nos deux blocs de traverser un environnement politique de plus en plus turbulent sans renoncer à nos valeurs, marquant ainsi une véritable étape dans le renforcement de notre sécurité économique », a estimé, pour sa part, le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Ces déclarations interviennent en réponse aux menaces du président américains Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douanes à huit pays européens si les Etats-Unis ne sont pas autorisés à acheter le territoire autonome du Groenland, sous souveraineté du Royaume du Danemark.

Par ailleurs, les responsables du Mercosur ont émis des réserves quant à certaines réglementations de l’accord, ils sont toutefois d’accord à dire que ce texte offrirait plus d’avantages pour les deux parties. Pour le président brésilien, l’accord en question ouvrirait de plus grandes perspectives et stimulerait davantage les échanges commerciaux et les investissements pour les deux parties.

Le gouvernement brésilien a déclaré dans un communiqué que cet accord est « emblématique des efforts de Lula pour élargir et diversifier les marchés », ajoutant que la plus grande économie d’Amérique du Sud négocie également des accords avec les Émirats arabes unis, le Canada et le Vietnam, outre l’élargissement d’un accord de préférence tarifaire avec l’Inde, a rapporté l’agence Reuters.

De son côté, le président du Paraguay, Santiago Pea, qui assure la présidence tournante du Mercosur, a déclaré que c’est un « signal clair en faveur du commerce international » dans un contexte de « tensions ». Ce traité supprime les droits de douane sur plus de 90% des échanges bilatéraux et favorise les exportations européennes d’automobiles, de machines, de produits chimiques, de vins et de spiritueux.

A noter, par ailleurs, que les deux parties ont signé en réalité deux documents, dont le premier est l’accord commercial intérimaire (ITA), qui couvre seulement les échanges commerciaux, alors que le second document signé est l’accord de partenariat UE-Mercosur (EMPA), plus élargi car englobant le commerce et l’investissement, mais aussi la coopération politique et sectorielle.       

Lyès M.

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