Il y a deux décennies, l’Algérie aspirait encore à l’émergence de sa propre industrie pharmaceutique qui devrait contribuer à la réduction, un tant soit peu, de la facture du médicament qui avoisinait les 2,5 milliards de dollars/an. Aujourd’hui, notre pays n’a non seulement développé sa production de médicaments, mais il s’est même permis d’aller à la conquête de marchés étrangers. La façon avec laquelle le ministère de la Santé a pu contenir, à temps, l’épidémie du paludisme au sud du pays, même si l’on déplore une quarantaine de victimes, prouve l’efficience de sa stratégie anticipative face à toute crise sanitaire. Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a fait état de l’approvisionnement des hôpitaux à l’échelle nationale en grandes quantités de médicaments antipaludiques et d’injections, pour parer à toute urgence. L’on note la disponibilité des stocks de médicaments thérapeutiques et préventifs pour faire face à une éventuelle pandémie. Ces stocks sont renouvelés périodiquement et toutes les wilayas reçoivent des quantités supplémentaires d’injections et de boîtes de médicaments soit des milliers d’unités pour prévenir toute propagation de cette pandémie. Ces quantités sont certainement puisées des stocks de sécurité constitués par le ministère de tutelle au sein de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH). Cela ne pouvait être possible sans l’apport considérable de la production nationale en produits pharmaceutiques. En quelques décennies, l’Algérie s’est hissée parmi les principaux producteurs pharmaceutiques d’Afrique. La production pharmaceutique nationale doit atteindre plus de 4 milliards de dollars durant l’année 2024 selon les prévisions du secteur, avancées par le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun. Intervenant au forum d’El Moudjahid où il a passé en revue les principaux indicateurs du secteur industriel du pays, Aoun a fait savoir que la production locale du secteur pharmaceutique, pourvue de près de 300 unités publiques et privées, avait atteint 3,56 milliards de dollars en 2023 et 3,14 milliards de dollars en 2022, notant la progression réalisée sur les dernières années. Par ailleurs, le ministre a souligné la régression des chiffres de l’importation dans le secteur, indiquant qu’en 2022 ce chiffre était de 1,422 milliard de dollars, en 2023, il a été de 1,293 milliard dollars et en 2024 il sera réduit à 1 milliard dollars, a-t-il estimé.
Production nationale en hausse
De plus, Aoun a affirmé qu’il est prévu que l’industrie locale permette d’atteindre 80,48% de taux de couverture du marché pharmaceutique local d’ici à la fin de l’année en cours, ajoutant qu’actuellement, le pays produit plus de 3.400 molécules de médicaments sur 4.500 molécules présentes sur marché national. En tout cas, Ali Aoun a donné, récemment, des instructions à l’effet de faciliter l’enregistrement des médicaments via la plateforme numérique dédiée à cette opération, a indiqué un communiqué du ministère. Ces instructions sont intervenues lors de sa visite à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP). Le ministre a donné plusieurs orientations et instructions à l’effet d’«accélérer l’enregistrement des médicaments sur la plateforme numérique», appelant à «développer davantage cette plateforme pour faciliter l’opération et la prise en charge de tous les dossiers dans les plus brefs délais». Dans ce cadre, le ministère a fait état de 2.708 dossiers traités et de 1.568 quotas de médicaments libérés entre janvier et août 2024. Mieux les pouvoirs publics comptent mettre un terme progressivement à la problématique liée aux médicaments anti-cancéreux en encourageant les producteurs à se lancer davantage dans la fabrication de ce type de produits, dont le manque fait souffrir énormément les malades. Le ministre de l’Industrie a, à ce propos, indiqué que les médicaments contre le cancer produits localement, couvriront 60% des besoins des patients, vers la fin de l’année en cours. Après avoir valorisé la production de l’insuline localement en faveur des malades diabétiques, place ainsi à la production des anti-cancéreux en Algérie. Plusieurs opérateurs et industriels se sont lancés, faut-il le souligner, dans ce créneau à travers diverses régions du pays.
Badreddine K.




