La dynamique de relance de l’industrie automobile en Algérie continue de susciter un intérêt grandissant auprès des partenaires étrangers. Après le séminaire organisé mardi dernier à Alger sur les perspectives du secteur, une délégation allemande s’est rendue à Oran afin d’évaluer les capacités du tissu industriel national et d’identifier les opportunités de coopération. Cette mission s’inscrit dans une stratégie visant à rapprocher les entreprises des deux pays et à favoriser l’émergence d’une chaîne de valeur automobile plus intégrée.
En effet, quelques jours après la tenue à Alger de la conférence intitulée « Industrie automobile en Algérie : intégration industrielle et perspectives stratégiques », une délégation d’industriels allemands a effectué une visite de terrain à Oran pour explorer les possibilités de partenariat avec les entreprises algériennes spécialisées dans la sous-traitance automobile.
Organisée par la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), en partenariat avec la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest (BSTPO), cette mission avait pour objectif de permettre aux opérateurs allemands « de mieux connaître les capacités de production locales et d’examiner les perspectives de coopération industrielle ».
Dans une déclaration, le président de la BSTPO, Rachid Bekhechi, a expliqué que « cette visite vise à prendre connaissance des compétences des entreprises algériennes de sous-traitance et à étudier les possibilités de développer des partenariats, notamment dans les activités liées à la fabrication de composants automobiles ».
Cette rencontre a permis aux opérateurs allemands de présenter leurs domaines d’expertise, allant des équipements industriels aux solutions technologiques, en passant par les outils de précision, les services logistiques et les composants destinés à l’industrie automobile.
Des capacités industrielles en pleine montée en puissance
Les organisateurs ont souligné que « cette démarche s’inscrit dans le cadre du Programme allemand d’exploration des marchés (Market Entry Program – MEP), destiné à accompagner les Petites et moyennes entreprises (PME) allemandes dans leur recherche de nouveaux débouchés internationaux tout en favorisant la création de partenariats industriels durables avec les entreprises algériennes ».
Au-delà des échanges institutionnels, cette nouvelle étape à Oran avait pour ambition de confronter les opportunités évoquées lors du séminaire à la réalité du terrain industriel. La délégation allemande a entamé son déplacement par une visite de l’usine Fiat de Tafraoui, où elle a pris connaissance des progrès réalisés en matière d’intégration locale.
Les responsables de l’usine ont notamment présenté l’évolution du réseau de fournisseurs nationaux, qui compte actuellement 22 sous-traitants algériens appelés à contribuer progressivement à l’augmentation du taux d’intégration locale.
Les visiteurs se sont ensuite rendus dans plusieurs entreprises spécialisées dans la fabrication de composants automobiles, notamment Edinet, active dans la production de faisceaux électriques, ainsi que Purem, spécialisée dans les systèmes d’échappement. Cette immersion a permis aux industriels allemands d’évaluer les compétences techniques disponibles, les capacités de production ainsi que les perspectives de développement de la sous-traitance locale.
L’intérêt croissant des entreprises allemandes s’explique par les ambitions affichées par l’Algérie dans le développement d’une véritable industrie automobile intégrée. Selon les données présentées par l’AHK Algérie lors du séminaire d’Alger, « les besoins du marché national sont estimés à près de 500.000 véhicules ».
Les importations de véhicules et de composants en provenance d’Allemagne ont atteint 685 millions de dollars en 2024, tandis que la part de marché des marques allemandes a progressé de manière significative au cours de la dernière décennie.
Les perspectives de développement de l’usine Fiat de Tafraoui, dont la capacité de production devrait atteindre 135.000 véhicules par an à l’horizon 2028 avec un taux d’intégration de près de 40%, ainsi que les projets d’implantation d’autres constructeurs internationaux, renforcent l’attractivité du marché algérien.
F. B.







