L’économie nationale confirme sa forte résilience dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et le ralentissement du commerce mondial.
C’est l’une des principales conclusions du nouveau rapport sur le commerce africain, « African Trade Report 2026 », publié ce mois de juin par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), qui met en avant la solidité de plusieurs indicateurs macroéconomiques de l’Algérie et sa capacité à préserver ses équilibres financiers. En premier lieu, les analystes de la banque panafricaine relèvent la stabilité de la monnaie nationale durant l’exercice 2025.
« Le dinar algérien est demeuré stable, grâce aux recettes générées par les exportations », soulignent-ils, alors que plusieurs monnaies africaines ont continué à subir d’importantes pressions et dévaluations. Cette stabilité monétaire s’appuie notamment sur un niveau élevé de réserves de change, selon ce rapport dans lequel l’Algérie est classée au troisième rang africain, avec près de 56 milliards de dollars.
Avec ce volume, l’Algérie n’est donc devancée à l’échelle du continent que par la Libye, avec 87,9 milliards de dollars, et l’Afrique du Sud (71,4 milliards de dollars), devançant ainsi toutes les grandes économies de la région, à l’instar du Nigeria ou l’Egypte.
Au niveau du commerce extérieur, les performances de l’économie nationale demeurent également significatives, selon les données d’Afreximbank, évaluant les exportations globales de biens effectuées par le pays à 42,6 milliards de dollars durant l’exercice précédent, tandis que le volume global des échanges s’est maintenu autour de 99 milliards de dollars, ce qui confirme « le poids de l’Algérie parmi les principaux acteurs commerciaux africains ».
Sur le marché continental, le rapport met en évidence la montée en puissance de l’intégration économique africaine, dans laquelle l’Algérie occupe une place relativement importante en figurant parmi les partenaires avec lesquels « les échanges préférentiels » ont connu un début de renforcement, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), aux côtés du Nigéeria, de l’Egypte, du Kenya et de l’Ethiopie.
Dans le Top 3 des réserves de change les plus importantes
Cette orientation, qui s’appuie sur l’intégration du marché continental, rejoint en tout cas les efforts engagés par l’Algérie pour développer ses exportations hors hydrocarbures et renforcer son ancrage économique africain à travers la mise en œuvre de la ZLECAf, le développement des infrastructures logistiques transsahariennes et l’amélioration des mécanismes de facilitation des échanges.
Cette zone de libre-échange en cours de déploiement est ainsi perçue par l’Afreximbank comme « une opportunité stratégique pour l’Afrique de réorienter son architecture commerciale vers les marchés de la région ».
En outre, le rapport met en évidence la solidité d’autres indicateurs macroéconomiques de l’Algérie, affichant une trajectoire « relativement stable », malgré les incertitudes qui planent sur l’économie mondiale.
Selon le rapport, le Produit intérieur brut (PIB) réel de l’Algérie a ainsi été de 3,8% durant l’exercice précédent, après 3,7% et 4,1% enregistrés durant les deux années d’avant, ce qui confirme, selon les auteurs du document, « la résilience » de l’économie nationale.
D’ailleurs, l’Afreximbank souligne à ce propos que « les principales économies de la région ont également enregistré une forte croissance en 2025 (dont) la Mauritanie (4,2%), l’Algérie (3,8%) et la Tunisie (2,5%), malgré des déséquilibres budgétaires persistants et une faible demande extérieure ».
Les progrès réalisés par l’Algérie dans la maîtrise de l’inflation sont également mis en avant dans ledit rapport, en soulignant qu’« après avoir culminé à 9,3% en 2023, le taux d’inflation (de l’Algérie) est retombé à 4% en 2024 avant de s’établir à 3,8% en 2025 », soit l’« un des niveaux les plus faibles d’Afrique du Nord et bien en deçà de la moyenne africaine. »
Cette évolution témoigne donc de l’efficacité des politiques de stabilisation mises en œuvre pour contenir les tensions sur les prix et les mesures prises par la Banque d’Algérie pour renforcer la régulation du marché monétaire dans un contexte international marqué par les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des marchés des matières premières.
Mohamed N.







