La consommation mondiale du charbon a enregistré un bond de 0,3% au 1er semestre 2026, atteignant 8,84 milliards de tonnes (Gt), en raison des perturbations subies par le marché gazier et pétrolier dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, a indiqué l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son nouveau rapport publié ce week-end.
« La demande mondiale de charbon – qui devait initialement diminuer légèrement d’une année sur l’autre – devrait désormais augmenter de 1,2 % en 2026, portant la consommation mondiale à un niveau record de 8,94 milliards de tonnes », affirme l’AIE, conditionnant l’évolution de la situation en 2027 par la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, aujourd’hui au cœur d’une bataille militaire entre l’Iran et les Etats-Unis pour son contrôle.
Les perturbations que connaît ce passage stratégique depuis le 28 février 2026 et le risque d’un scénario pareil au niveau de Bab el-Mendeb, porte d’accès vers la mer rouge et qui est tombé cette semaine sous le contrôle des Houthis yéménites, ont provoqué une hausse importante des prix du pétrole et du gaz, poussant certains pays à revenir à une consommation élevée du charbon, notamment en Chine où l’électricité produite à partir des énergies renouvelable a pourtant dépassé, pour la première depuis un demi-siècle, celle issue de cette ressources très polluante.
La demande chinoise de charbon devrait d’ailleurs augmenter de 1 % en 2026 pour atteindre 5 milliards de tonnes, suite à la révision à la hausse des prévisions précédentes, selon les prévisions de l’agence dont le siège est basé à Paris. C’est le cas aussi en Inde, où la production de charbon devrait augmenter également de plus de 1%.
« Un épisode El Niño particulièrement intense en 2026 devrait également soutenir la demande de charbon en augmentant les besoins en climatisation et en réduisant la production hydroélectrique dans certains grands pays consommateurs de charbon d’Asie, comme l’Inde et le Vietnam », explique le rapport de l’AIE dont les perspectives énoncées en 2025 sur une baisse de la consommation mondiale ont été balayées par l’évolution de la situation au Moyen-Orient. C’est pourquoi il est aujourd’hui difficile de se projeter sur ce marché qui reste tributaire de l’évolution sécuritaire et géopolitique au Moyen-Orient et dans d’autres zones de conflits.
Si la production mondiale de charbon devrait diminuer d’environ 2% en 2026, tout en se maintenant au-dessus de 9 milliards de tonnes pour la troisième année consécutive, affirme l’AIE, le rapport en question fait état d’une hausse de la production en 2027, dans le cas où la situation au Moyen-Orient demeurerait fragile et les flux de gaz naturel liquéfié (GNL) transitant par le détroit de Taïwan n’auraient pas repris.
Et même si les flux de GNL transitant par le détroit de Taïwan se rétablissent, «la production mondiale de charbon devrait augmenter d’environ 0,3 %, reflétant un rebond de la production chinoise après le recul de cette année », soulignent les experts de l’AIE, expliquant que « cette hausse pourrait être plus importante si les flux de GNL restent limités, soutenant ainsi la hausse des prix du gaz naturel et, par conséquent, une consommation accrue de charbon ».
En revanche, soutient l’AIE, une reprise des flux de GNL réduirait la demande de charbon commercialisé à l’échelle internationale, pesant sur la production des principaux exportateurs mondiaux. Cependant, « les politiques gouvernementales visant à accroître la production de charbon devraient continuer à soutenir la croissance de l’offre dans certains pays, comme l’Inde et le Kazakhstan », lit-on encore dans le même document. Cela n’est pas sans impact sur les objectifs de développement de l’ONU visant à réduire la pollution issue des cette industrie et à limiter les dégâts sur l’environnement.
Sophia Rais







