
Lors de sa visite à la Foire internationale d’Alger, dont il a inauguré la 57e édition lundi, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est revenu sur plusieurs aspects de la stratégie de développement de l’économie nationale et la nouvelle stratégie de renforcement du partenariat international.
En s’arrêtant successivement aux pavillons de la Tunisie, du Sultanat d’Oman, du Tchad, puis devant plusieurs stands illustrant les capacités industrielles nationales, il a ainsi dessiné les contours d’une ambition qui a pour objectif primordial l’édification d’une économie nationale productive, mieux connectée à son environnement régional, plus attractive pour l’investissement et engagée dans la substitution aux importations.
Au pavillon tunisien, le président de la République a d’abord placé la coopération bilatérale dans une perspective de relance économique partagée, en indiquant que le président Kaïs Saïed « a une forte volonté de relancer l’économie tunisienne, et nous nous tenons à ses côtés pour le soutenir, parce que l’investissement entraîne la production, génère des emplois et permet de répondre aux besoins sans recourir aux importations ».
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de densification des échanges bilatéraux, l’Algérie étant un soutien économique majeur de la Tunisie, à travers l’énergie, les flux commerciaux et l’appui aux projets d’investissement.
Le passage du Président au pavillon omanais a mis en lumière l’un des secteurs où l’Algérie a franchi un nouveau palier, à savoir l’industrie sidérurgique et, plus précisément, la production de rond à béton.
Pour cela, le président Tebboune a appelé les entreprises omanaises à s’inscrire dans cette dynamique, en déclarant aux représentants du pays du Golfe : « Concernant la production du rond à béton, l’Algérie a fait un saut qualitatif et notre souhait est que vous y adhériez. Comme je l’avais exprimé au Sultan d’Oman, le champ de coopération bilatérale est entièrement ouvert », et d’ajouter : « Même la dernière visite effectuée par le général d’armée Saïd Chanegriha (à Mascate, ndlr) nous rassure sur nos relations avec le Sultanat d’Oman ». De ce fait, Abdelmadjid Tebboune a placé son invitation aux opérateurs omanais dans un mouvement plus large de rapprochement entre les deux pays.
En effet, depuis la visite du Sultan d’Oman en Algérie et la signature, en 2025, de plusieurs accords, les deux pays cherchent à transformer cette relation en projets concrets, notamment dans l’industrie, les mines, l’agriculture et l’investissement.
Au pavillon du Tchad, le président de la République a livré un message sur la profondeur de l’engagement africain de l’Algérie. « J’ai donné ma parole au président Mahamat Idriss Déby Itno qu’on rattrapera le temps perdu avec le Tchad », a déclaré le président de la République, avant d’énumérer les chantiers ouverts entre les deux pays et d’ajouter : « Nous sommes d’accord pour la prospection du gaz et du pétrole, l’exploitation de l’argile pour réaliser une cimenterie, quelle que soit sa taille, un million, deux millions de tonnes (…) Il y a aussi le projet de raffinerie et l’extension du réseau électrique ».
Les engagements avec le Tchad, le Sultanat d’Oman et la Tunisie réitérés
Cette vision confirme la volonté de l’Algérie de faire de la coopération avec le pays sahélien un axe concret de sa diplomatie économique africaine, qui s’appuie sur des réalisations concrètes, comme la centrale électrique livrée récemment au Tchad, mais aussi sur une vision plus large qui consiste à accompagner les pays voisins dans l’énergie, les matériaux de construction ou les infrastructures.
La halte au stand de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires A(nesrif) a donné lieu à l’un des messages les plus significatifs sur l’aménagement du territoire. Le président de la République a en effet insisté sur la portée stratégique des lignes ferroviaires vers le Sud, en observant que « les gens ne saisissent pas la portée d’un projet de ligne ferroviaire vers Tamanrasset », avant de rappeler ceci : « Lorsque j’ai parlé de l’extension du chemin de fer jusqu’à Tamanrasset en 2019, beaucoup n’y croyaient pas, c’est le même cas pour la ligne de Tindouf ».
Pour le président de la République, ce développement « permettra d’accéder à n’importe quel point du pays », ce qui confirme donc le choix de faire du rail un instrument de désenclavement, de mise en valeur des ressources naturelles et d’intégration territoriale. La ligne minière Ouest, reliant Gara Djebilet à Béchar via Tindouf puis Oran en est l’illustration parfaite de ce challenge, tandis que l’extension vers Tamanrasset s’inscrit dans une vision logistique de grande portée.
Au niveau d’autres stands, le président de la République a plaidé pour une nouvelle étape dans la montée en gamme industrielle du pays, en notant qu’« un pays qui atteint ce niveau de développement, que ce soit dans le domaine de l’industrie militaire ou civile, les start-up, n’a plus le droit d’importer de la pièce détachée, sauf celle qui est vraiment très technique ».
Dans le même sens, le président Tebboune a ajouté qu’« on a les ingénieurs. On en forme des milliers par an. C’est le moment de leur donner l’occasion de s’exprimer dans l’intérêt de l’économie nationale ». Un message à travers lequel le président de la République appelle à transformer les compétences du pays, ses capacités d’ingénierie et l’essor de ses filières industrielles en leviers d’intégration locale, avec pour but la réduction de la dépendance aux importations et la structuration d’un tissu de sous-traitance plus dense.
Mohamed N.







