
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, sort affaibli des élections de mi-mandat de mardi face au Parti démocrate qui a infligé une défaite historique aux Républicains, en obtenant la majorité à la Chambre des représentants (Congrès) et au Sénat. Même si l’opération de dépouillement des bulletins n’était pas encore achevée en fin de soirée d’hier, les Républicains ne pourront pas rattraper le retard, sauf dans les deux Etats de l’Alaska et du Mississipi, où les candidats des deux camps sont au coude-à-coude et le comptage des voix pourraient prendre encore plusieurs jours avant l’annonce des résultats finaux.
Mais en attendant, les Démocrates ont désormais la majorité absolue à la Chambre des représentants, après avoir remporté 228 sièges contre 139 sièges en faveur des Républicains qui ont perdu 25 sièges, alors qu’au niveau du Sénat les résultats les démocrates ont remportés 54 sièges contre 44 pour les Républicains qui en ont perdu 7.
La politique de Donald Trump, notamment la guerre qu’il a enclenchée contre l’Iran, a beaucoup pesé lourdement sur les résultats de ces élections de mi-mandat, permettant au Parti démocrate de gagner dans les Etats qui votent traditionnellement, et ce, depuis des décennies, en faveur des Républicains.
C’est le cas en Caroline du Sud, où la démocrate Annie Andrews a battu la sénatrice conservatrice Darline Graham. Au Texas également, frontalier avec le Mexique, le séminariste James Talarico a obtenu à son tour un siège au Sénat, une première pour les démocrates depuis 1988, alors le Kansas a basculé dans le camp démocrate pour la première fois depuis 1932, grâce à la victoire du sénateur, Adam Hamilton, qui a arraché une place au Congrès.
Selon les résultats compilés par l’agence de presse Reuters et USA Today, « les républicains ont perdu du terrain dans 99 % des quelque 2 100 comtés où la plupart des votes avaient été comptabilisés hier matin », lit-on sur le site de l’agence anglo-saxonne. Les nouveaux sénateurs élus prendront leurs fonctions le 3 janvier 2027, date d’ouverture de la prochaine législature.
La reconquête du Sénat permettra désormais aux démocrates de peser davantage sur l’agenda législatif, de contrôler les votes sur les textes soumis à la chambre haute et de bloquer, le cas échéant, certaines nominations présidentielles. Mais le président américain dispose aussi d’une arme redoutable pour contrecarrer les projets de loi qui lui seront soumis par les démocrates. Donald Trump peut opposer en effet son veto et l’a affirmé hier. « Je m’entendrai probablement bien avec les démocrates, à moins qu’ils ne veuillent être destructeurs, mais j’ai le droit de veto », a-t-il déclaré aux journalistes.
Pour surmonter un veto de Trump, une majorité des deux tiers dans les deux chambres est requise. Cela dit, une rude bataille s’annonce à deux ans de la fin du mandat de Donald Trump qui continue à défendre son bilan, dont son engagement dans la guerre contre l’Iran, même s’il reconnait que certains de ses choix ont joué en faveur des démocrates qui a rallié à leur cause de nombreux Américains qui votaient habituellement Républicains.
« Je pense que c’est en grande partie vrai, car cela a fait légèrement grimper le prix de l’essence à court terme », a déclaré Trump, dont le vice-président J. D. Vance, lui a tourné le dos concernant cette guerre, en affirmant sur le réseau que « la raison de notre défaite, c’est la guerre. »
« Si vous voulez prétendre que cela en valait la peine, que perdre le Sénat pour les six prochaines années en valait la peine, alors allez-y », s’est défendu Donald Trump, insistant sur la pertinence de la guerre contre l’Iran. « C’est probablement vrai. Mais en même temps, si c’était à refaire, je referais la même chose, car à long terme, c’est la seule solution », a répondu le président américain aux journalistes.
La défaite de Donald Trump à ces élections de mi-mandat constitue une claque de plus pour l’extrême-droite, raciste, xénophobes et islamophobe, après la défaite qu’elle a subie au Brésil, lors de la présidentielle de la semaine dernière. En Europe, où cette idéologie a beaucoup progressé ces dernières années, la défaite de Trump est une douche froide pour ses partisans.
Sophia Rais







