Le marché européen des véhicules utilitaires avance à plusieurs vitesses. Entre janvier et septembre, les immatriculations de fourgonnettes ont stagné, tandis que les camions et les autobus ont retrouvé une dynamique de croissance.
Dans un environnement économique marqué par la hausse des prix de l’énergie, le secteur affiche une résistance contrastée, sur fond de progression de l’électrification. Selon les chiffres de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), « les immatriculations de véhicules utilitaires légers neufs dans l’Union européenne ont atteint 1.073427 unités au cours des neuf premiers mois de l’année, un niveau pratiquement inchangé par rapport à la même période de 2025. » Derrière cette stabilité apparente se cachent toutefois d’importantes disparités nationales.
L’Espagne tire son épingle du jeu avec une progression de 6,9%, alors que les trois autres grands marchés européens accusent un repli. Les immatriculations diminuent de 4,1% en Allemagne, de 5,1% en Italie et de 5,6% en France.
Le segment des camions affiche, en revanche, un redressement plus affirmé. Avec 245.079 véhicules immatriculés, le marché européen progresse de 7,5%. Cette embellie repose principalement sur les poids lourds, dont les ventes augmentent de 8,5%, tandis que les camions de tonnage moyen enregistrent une hausse de 2,5%.
La Pologne s’impose comme l’un des moteurs de cette reprise, avec une croissance spectaculaire de 20,5%. L’Espagne suit avec 13,2%, devant l’Allemagne, qui progresse de 2,5%. La France reste à contre-courant, avec un recul de 1,6%. Mais c’est le marché des autobus qui signe la performance la plus remarquable.
Les immatriculations bondissent de 15,2 % pour atteindre 32 695 unités. L’Italie mène la danse avec une progression de 34,4%, suivie de la France (+10,5%) et de l’Allemagne (+10,1%). La Pologne réalise également une percée impressionnante de 68,6%, accédant au cinquième rang européen.
Des performances très mitigées
Dans son communiqué, l’ACEA souligne cette évolution contrastée du marché européen, affirmant que « le marché européen des véhicules utilitaires a affiché des performances mitigées au cours des trois premiers trimestres de 2026, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie.
Les immatriculations de fourgonnettes sont restées globalement stables, tandis que le segment des camions a enregistré une croissance, reflétant un redressement après une période de faible activité. Le marché des autobus a affiché de solides performances, avec une croissance marquée. Parallèlement, les véhicules électriques rechargeables ont continué de gagner des parts de marché, même si leur adoption demeure inférieure au rythme souhaité. »
Sur le terrain énergétique, le diesel conserve largement sa suprématie, malgré la montée en puissance des motorisations alternatives. Il représente encore 78,1% des immatriculations de fourgonnettes, contre 81,7% un an auparavant. Les modèles électriques rechargeables progressent de 38,2% et portent leur part de marché à 14,1%. Les fourgonnettes hybrides gagnent également du terrain, avec une hausse de 35,6%.
La domination du diesel apparaît encore plus marquée dans le transport routier de marchandises. Il équipe 91,7% des nouveaux camions immatriculés. Toutefois, les camions électriques rechargeables accélèrent fortement, avec une croissance de 49,8% et une part de marché désormais établie à 5,3%.
L’Allemagne, la France et les Pays-Bas concentrent à eux seuls 74% des immatriculations européennes de cette catégorie. L’électrification avance encore plus rapidement dans le transport collectif. Les immatriculations d’autobus électriques augmentent de 37,6%, portant leur part de marché à 26,4%, contre 22,1% précédemment. L’Italie joue un rôle déterminant dans cette progression, avec des volumes qui ont plus que doublé.
F. B.







