La campagne électorale des élections locales s’ouvre aujourd’hui, jeudi 5 novembre, pour vingt jours de mobilisation sur le terrain. Jusqu’au 24 novembre, les candidats aux Assemblées populaires communales (APC) et aux Assemblées populaires de wilaya (APW) tenteront de convaincre les électeurs et de défendre leurs programmes avant le scrutin du 28 novembre.
Et si en amont du lancement officiel de la campagne les partis politiques ont déjà commencé à mobiliser leurs états-majors, à activer leurs structures locales et à préparer leurs équipes de terrain pour assurer une présence dans les différentes circonscriptions, organiser les rencontres de proximité et porter leurs programmes auprès des électeurs dès les premiers jours de la compétition, il est clair que cette nouvelle étape intervient dans un contexte marqué par la volonté de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) de garantir une compétition transparente, équitable et respectueuse des règles.
Invité hier par la Radio algérienne, Ali Benzadi, membre de l’ANIE, a présenté les préparatifs de cette échéance et les dispositions mises en place pour encadrer le déroulement de la campagne, affirmant que « l’enjeu est de permettre à l’ensemble des candidats de faire entendre leur voix dans des conditions équitables ».
A ce titre, le dispositif médiatique prévoit la répartition de quelque 800 créneaux d’intervention entre six chaînes de télévision et trois chaînes de radio nationales, pour plus de 6.000 listes candidates. Le principe retenu, selon lui, « accorde un minimum aux petites formations politiques et aux listes indépendantes, tandis que les partis présentant davantage de listes bénéficient d’un volume proportionnel à leur participation. Les formations politiques peuvent ensuite répartir leurs créneaux entre leurs différentes listes ».
Des studios d’enregistrement ont également été aménagés dans plusieurs régions, notamment à Oran, Béchar, Ouargla et Constantine, en complément des structures centrales. Les enregistrements des candidats ont été programmés afin que leurs interventions puissent être diffusées dès le lancement de la campagne. Ali Benzadi a ainsi mis en avant les moyens mobilisés pour assurer une présence médiatique aux différentes candidatures.
Une campagne encadrée par des règles strictes
Au-delà de l’accès aux médias, l’ANIE rappelle que «la compétition doit se dérouler dans le respect du cadre juridique. Les candidats sont appelés à privilégier le débat autour des programmes et à s’abstenir de tout discours haineux, de toute forme de discrimination ou d’attaque personnelle. Les comportements violents, injurieux ou déloyaux, ainsi que l’utilisation malveillante des attributs de l’Etat, sont également interdits ».
La réglementation interdit par ailleurs « l’utilisation des biens et moyens des personnes morales publiques ou privées à des fins de propagande électorale, en dehors des cas prévus par la loi », précisant que « les lieux de culte, les administrations et institutions publiques, ainsi que les établissements d’éducation et de formation ne peuvent servir de cadre aux activités de campagne », alors que les rassemblements et réunions publiques doivent, eux aussi, respecter les dispositions en vigueur.
Selon M. Benzadi, « le recours à la publicité commerciale à des fins de propagande électorale est proscrit, tout comme la diffusion de sondages sur les intentions de vote durant les 72 heures précédant le scrutin ». Autre mesure importante, « la signature de la charte d’éthique des pratiques électorales par les représentants des partis politiques et des listes indépendantes, en marge du tirage au sort des créneaux médiatiques ». Cette charte, explique M. Benzadi, « engage les candidats à faire preuve de responsabilité et à préserver un climat de concurrence serein », soulignant que « l’ANIE est elle-même tenue par les principes de neutralité, de transparence et d’impartialité ».
Des candidatures nombreuses et une forte présence des jeunes
Les données communiquées par l’ANIE témoignent de l’ampleur de cette échéance. Les dossiers déposés portent sur 5.631 listes APC et 434 listes APW. Le nombre global de candidats avoisine les 163.000, avec une participation de 25 partis politiques et de 51 alliances partisanes. Les 1.541 communes du pays disposent chacune d’au moins deux listes en compétition. Le profil des candidats fait ressortir une présence importante des jeunes.
Selon le bilan de l’ANIE, 87.995 candidats sont âgés de moins de 40 ans, soit 54,02% du total. Les femmes sont au nombre de 19.327, représentant 11,86% des candidatures. Les titulaires d’un diplôme universitaire atteignent, quant à eux, 78.959, soit 48,48% de l’ensemble. M. Benzadi a également relevé « un retour plus marqué des partis politiques par rapport aux précédentes échéances, tandis que les listes indépendantes enregistrent un recul ».
Sans avancer d’interprétation politique, il a estimé que « les chiffres traduisent une présence plus affirmée des formations partisanes dans la compétition ». Sur le plan des dossiers, l’ANIE a fait état du rejet de 3 listes APC sur 5.631 et de 6 listes APW sur 434, principalement pour des irrégularités liées aux formulaires de signatures ou à des dossiers incomplets. Les candidats concernés peuvent introduire des recours auprès des tribunaux administratifs, tandis que les procédures de remplacement sont encadrées par les délais légaux.
A présent, les candidats disposent de vingt jours pour aller à la rencontre des citoyens et défendre leurs projets. Entre exigences réglementaires, accès équitable aux médias et engagement éthique, l’ANIE entend faire de cette campagne une étape ordonnée et transparente, où la confrontation des programmes devra primer sur les pratiques de dénigrement.
Yanis Ait Lamara
Les locales en chiffres
– 5.631 listes APC déposées à travers les communes du pays.
– 434 listes APW déposées à travers les wilayas.
– Près de 163.000 candidats engagés dans la compétition électorale, selon le bilan présenté lors de l’entretien.
– 25 partis politiques et 51 alliances partisanes en lice, selon les données communiquées précédemment par le représentant de l’ANIE.
– 1.541 communes concernées par le scrutin, chacune disposant d’au moins deux listes en compétition, selon les chiffres évoqués par Ali Benzadi.
– 87.995 candidats de moins de 40 ans, soit 54,02% de l’ensemble des candidats.
– 19.327 femmes candidates, représentant 11,86% du total.
– 78.959 candidats diplômés de l’université, soit 48,48%.
– 3 listes APC rejetées sur les 5.631 déposées, soit 0,05%.
– 6 listes APW rejetées sur les 434 déposées, soit 1,38%.
– 800 unités ou créneaux de diffusion répartis entre six chaînes de télévision et trois chaînes de radio nationales, pour permettre aux candidats de s’exprimer.
– Plus de 6.000 listes concernées par le dispositif de répartition des interventions dans les médias publics.
– 28 novembre 2026 : date du scrutin.
– Du 5 au 24 novembre 2026 : période officielle de la campagne électorale.







